30 juin 2012

« Les filles d’Estoril » – Margarita Rebelo Pinto

Avec beaucoup d’espoir je vais essayer de reprendre enfin la bonne dizaine de billets littéraires que j’ai en retard, je crois du plus récent au plus ancien… Quoi de mieux que, non pas le début des vacances (je n’en aurai pas hormis deux fois trois jours, une fois dans ma famille, une autre dans celle de mon homme) mais la fin de l’école, les grandes vacances depuis hier soir pour mes deux petits et donc un rythme plus calme pour débuter cet énorme rattrapage ?

Je commence avec un roman que j’ai choisi car il s’agit d’une histoire de trois générations de femmes, mais aussi un récit se déroulant au Portugal, à notre époque, un pays que je connais peu(Estoril n’évoquant pour moi que le nom d’un circuit de F1, activité que mon père suivait quand j’étais petite), que ce soit en vrai  mais aussi littérairement ou cinématographiquement.

Les filles d’Estoril nous plonge dans l’intimité, les histoires d’amour et les pensées très (tropà mon goût) girly de Leonor et Nana, deux trentenaires, cousines très proches l’une de l’autre, élevées presque comme des sœurs et dont les mères sont jumelles, tout ce petit monde vivant dans des maisons différentes mais sur le même terrain,  autour de Nuno, père de Leonor et seul homme de la propriété.

Très vite, au cours du neuvième chapitre le lecteur apprend un drame familial, concernant la mère de Nuno et l’on pressent également un secret.

Au cours de l’alternance du récit de chacune des femmes – hé oui, ce roman est éminemment féminin, les hommes n’y ont pas la parole, en tout cas pas directement – nous apprenons beaucoup sur cette famille aux liens très forts, sur les réflexions des jeunes femmes de notre époque et sur leurs mères, toutes proches mais bien différentes et aussi sur certains aspects de la culture et la vie portugaises.

Le seul chapitre dans lequel la monstrueuse Joana, la sœur de Nuno, s’exprime est glaçant. Elle vénère le dictateur Salazar : « Nous respections les valeurs que notre cher docteur Oliveira Salazar nous enseignait. » (p.281) Et elle raconte aussi :

Quand elle est devenue une « officielle » j’avais dix ans, je me suis tournée vers elle et je lui ai dit : « Madame, vous n’êtes là que parce que je le veux bien. J’ai déjà envoyé ma mère chez les fous ; c’est ce qui vous  arrivera si vous n’êtes pas mon amie » (…) je n’avais que dix ans, mais je savais  déjà très bien ce que je faisais et ce que je disais, je l’ai toujours su? (p.279)

L’histoire est intéressante dans son ensemble mais j’ai eu plusieurs petits problèmes avec ce roman. Tout d’abord le secret en est à peine un pour le lecteur qui le pressent assez vite, tout cela est cousu de fil blanc et puis par moments les vie de Leonor et Nana, leurs réflexions et « prises de tête » m’ont semblé un peu vaines (est-ce par ce que je suis mariée et non « en quête », comme elles ?) et, surtout, les deux derniers chapitres sont l’équivalent des fins des téléfilms ou comédies romantiques un peu clichés… le happy ending trop téléphoné où la vie sourit à plusieurs personnages, d’un coup,quasiment en même temps, cela m’embête… beaucoup.

Malgré cela je retrouvais mon roman, chaque soir, pour un chapitre (épuisement oblige je ne pouvais lire plus), avec plaisir (un plaisir inégal toutefois) mais le conseillerais surtout, et ça tombe bien certaines d’entre vous sont en plein dedans ou le seront bientôt, pour une lecture de vacances, dans le jardin, chez soi mais en congés, en train, en avion, sur un bateau, à la plage et que sais-je encore…

Estoril

Merci à Caroline des éditions JC Lattès pour l’envoi de ce roman.

Les filles d’Estoril – Margarida Rebelo Pinto – 2008 –  340 pages

2 commentaires:

  1. ça a l'air sympa malgré tout, pour les vacances:comme tu dis ! je ne connais pas le Portugal mais je ne sais pas pourquoi, ce pays m'attire...

    RépondreSupprimer
  2. D'après ce que tu dis, ce roman ne me tente pas trop. Je passe et je trouverai d'autres auteurs pour partir à la découverte de ce pays.

    PS : bon courage pour rattraper le retard de billets. J'en ai aussi beaucoup

    RépondreSupprimer

Vous pouvez me déposer ici un petit pli...