Quelle ne fut pas ma surprise, en ouvrant ce livre il y a quelques jours, de comprendre que je me plongeais dans un recueil de nouvelles! Ni bien ni mal, simplement surprenant!
Sept histoires de solitude, de désespoir, d’amour, de croyances, d’espoir, de crédulité, de présages. Sept récits dévoilant les mystères de l’âme humaine, ses travers, ses qualités et ses défauts.
De Gabriel García Marquez (souvent surnommé Gabo) je n’avais lu, à plus de dix ans d’intervalle, que Chronique d’une mort annoncée dont la tranche, dans la bibliothèque parentale, m’intriguait quand j’étais enfant. Les deux fois, surtout la deuxième, j’avais adoré ce roman à l’ambiance vraiment très particulière qui me rappelait, par certains aspects, l’ambiance narrée par Raphaël Confiant. C’est que ces deux auteurs partagent une culture caraïbe, région que García Marquez, qui est Colombien, évoque clairement dans plusieurs de ses nouvelles, que ce soit en mentionnant des îles (Aruba et la Martinique) ou bien les croyances antillaises.
Contrairement à Chronique d’une mort annoncée ici je suis entrée dans des histoires dotées du réalisme magique de Gabo, ce don qu’il a de faire paraître quotidien des éléments fantastiques, oniriques, magiques! Il faut se débarrasser d’un certain rationalisme je crois pour y entrer de plein pieds. Au fur et à mesure que ma lecture avançait ma résistance s’est évanouie. J’ai donc rencontré un homme âgé à grandes ailes, des billets de banques voletant dans les airs, des morts parcourant les mers du monde entier, des oranges renfermant des diamants, une jeune fille non pas somnambule mais vivant en dormant et bien d’autres choses. Parfois l’histoire est restée énigmatique, d’autres fois leur sens sur la condition humaine m’a paru plus limpide. Toutes en tout cas m’ont emportée très loin, avec les phrases poétiques de García Marquez, dans un pays où la misère humaine symbolisée par le désert et l’absence de fleurs ne se dilue qu’en présence de la mer, porteuse d’espoir.
Elle a beaucoup voyagé, dit M. Herbert. Elle traîne derrière elle la flore de toutes les mers du monde. (p.41)
Une lecture que l’on peut prolonger en regardant les adaptations de certaines de ces nouvelles : « Un monsieur très vieux avec des ailes immenses » et la nouvelle éponyme.
Pour ma part je ne les ai pas vues mais la scène ci-dessous d’Erendira (adaptation qui a eu l’aval de Gabo) semble saisir parfaitement l’ambiance de la nouvelle.
Une lecture partagée avec Céline (que je remercie pour le délai supplémentaire ^^) pour une lecture commune et qui me permet de contribuer pour la première fois à mon challenge.


