Affichage des articles dont le libellé est science-fiction. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est science-fiction. Afficher tous les articles

25 janvier 2011

Next-addict!

J’ai trouvé encore plus enthousiaste que moi en ce qui concernant la série des Thursdayt Next!

Grâce au commentaire qu’elle m’a laissé ici, j’ai découvert le billet (et le blog) de JainaXF qui participe également au challenge uchronie

Je voulais faire partager un extrait de son avis plus qu’enthousiaste pour conforter et faire sourire ceux qui adorent la série et pour donner envie à ceux d’entre vous qui hésiteraient encore!

Bref, avec cette série qui mélange la SF (dont l’uchronie), la littérature (principalement britannique) et les hommages et clins d’œil aux classiques et la méta-littérature, je crois que j’ai trouvé mon Saint-Graal littéraire ! Cette série entre clairement dans mon panthéon littéraire personnel !

En guise de conclusion, je vous dirais : vous aimez la SF ? Lisez la série ? Vous adorez la littérature (notamment anglaise) ? Même punition ! Si vous êtes amateurs d’humour anglais loufoque, vous devriez adorer ! Bref, à moins de n’aimer que les livres hyper-réalistes, je conseille cette série à tous ceux qui aiment la lecture en général !

Alors, qu’attendez-vous pour entrer dans l’univers créé par Jasper Fforde? ;)

24 janvier 2011

« Le puits des histoires perdues » – Jasper Fforde

fforde Mon premier billet de l’année portait sur le tome précédent des aventures de Thursday Next. Comme vous pouvez le constater je n’ai pu que continuer dans cet univers!
Le puits des histoires perdues commence encore une fois là où nous avions laissé l’héroïne de ce cher Jasper Fforde (oui parce qu’un homme comme  lui ne peut être que « cher » tant il est génial!). Ainsi donc Thursday est enceinte, Landen, son mari est toujours éradiqué et sa fidèle Pickwick couve son œuf. Elle vient de s’installer (le temps de sa grossesse) dans Les Hauts de Caversham, roman de seconde zone dans lequel elle remplace une des protagonistes qui a pris un petit congé d’un an.
Elle se retrouve à cohabiter avec deux Génériques, des futurs personnages de roman en formation, ainsi qu’avec son adorable mamie qui vient l’aider à ne pas oublier l’existence de Landen. Les jours passent et Thursday doit apprendre les us et coutumes en vigueur dans le Monde des Livres, se former, sous la tutelle de miss Havisham, à l’examen de passage de la Jurifiction (juridiction compétente en matière de fiction) et combattre une demoiselle démoniaque qui tente de la briser en lui effaçant ses souvenirs, non sans lui avoir fait revivre les plus douloureux! De plus le Monde des Livres est sur le point de connaître un grand changement avec la mise en place de UltraWord TM.
Ce tome-là connaît deux temps très distincts. Je ne comprenais pas pourquoi je l’avançais si lentement jusqu’à ce que j’arrive enfin au chapitre 18 où tout se précipite et revient au rythme de Délivrez-moi!  Thursday apprend à vivre dans un nouveau monde, nous suivons donc son rythme et, au lieu d’une action haletante, nous vivons des scènes «quotidiennes » (enfin pour des personnages de livres!) et nous trouvons, tout comme elle, nos marques!
Dans cette première partie j’ai été heureuse de retrouver miss Havisham et de rencontrer les colocataires de Thursday dont l’évolution et les disputes sont amusantes, les techniciens œuvrant à la création d’un livre ou l’AEIT :
Appareil d’enregistrement ImaginoTransfert : dispositif utilisé pour écrire des livres dans le Puits, l’AEIT ressemble à une grosse trompe (…) La page est relue et, si tout va bien, elle est ajoutée au manuscrit, et les personnages peuvent poursuivre leur mission. Le plus remarquable est que l’auteur ne se doute de rien – il croit que c’est lui qui fait tout le travail. (p.124)
Quant à la seconde partie, un crime odieux nous redonne le ton des opus précédents et le rythme s’accélère, l’histoire devient bien plus sombre, triste aussi!
Je ne me lasse pas des trouvailles de Fforde qui explique dans ce livre des faits réels par le prisme de l’univers qu’il a créé. Ainsi, par exemple, l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie, le fameux incendie de Londres ou bien  :
— Quelqu’un s’est-il rendu compte que les hippocampes et les ornithorynques sont fictifs?
— Ah bon, parce qu’ils le sont?
— Évidemment! Vous ne croyez pas que des bizarreries pareilles sont issues de l’évolution, hein?   (p.104)
Et puis rencontrer tous ces personnages c’est tout simplement merveilleux : le capitaine Nemo est un vieil homme touchant, Humpty Dumpty en leader de syndicat est très amusant, Dracula à une remise de prix en larmes…
Humpty
Quant à la scène de thérapie de gestion de la colère dans Les Hauts de Hurlevent, elle est mémorable mais pas autant qu’une scène de trip collectif hilarante (et un peu effrayante) dans laquelle les accros se shootent aux émotions!
Enfin la blague récurrente concernant Godot, membre de la Jurifiction, m’a fait rire à plusieurs reprises « Est-ce qu’on attend Godot » (p.144) mais mon gros fou rire a été pour le business Salomon :
— (…) Bienvenue au jugement de Salomon. Nous faisons surtout de l’arbitrage (…)
— Vous êtes le roi Salomon?
Le vieil homme éclata de rire.
— Moi, vous plaisantez, j’espère! Il n’ y a pas assez de minutes dans ne journée pour un seul Salomon ; depuis le coup du partage du bébé, tout le monde réclame son arbitrage, à commencer par les disputes dans le tas de sable et jusqu’aux rachats d’entreprises. Il a donc fait ce que n’importe quel homme d’affaires avisé aurait fait à sa place : il a franchisé. Comment croyez-vous qu’il s’est payé le Temple, les chariots, les vaisseaux et que sais-je encore? (…) mon vrai nom c’est Kenneth.
(…)
— Et que se passe-t-il si un franchisé rend un jugement inique?
— C’est très simple, sourit Kenneth. Le contrevenant sera précipité dans le géhenne et condamné à être torturé sans merci, pendant une longue et  douloureuse éternité, par des démons sadiques surgis des profondeurs de l’Enfer. Salomon est très strict là-dessus.    (pp. 373-374)
Bref, une fois encore j’ai été conquise par l’imagination incroyablement débordante et cohérente (contrairement à ce que je lis parfois) de Jasper Fforde, le caractère et les épreuves de Thursday, l’adorable mamie Next et tous les autres personnages.
Toujours un petit bémol quant au travail de la traductrice et des premières pages trop redondantes par rapport à la fin de l’opus précédent mais, vraiment, ce n’est rien comparé à l’excellence de l’ensemble!
Encore un coup de coeur pour moi!
Cette fois je l’ai lu pour une lecture commune avec d’autres demoiselles : Alfie, Céline et George. Merci à Alfie d’avoir repoussé la date de quatre jours… sans ce week-end de grande lecture je n’aurais pas été dans les temps!
uchronie Je contribue aussi, de nouveau, au Winter Time Travel de Rsf blog.

2 janvier 2011

Délivrez-moi! – Jasper Fforde

 

Où j’ai retrouvé avec bonheur la suite de L’affaire Jane Eyre lu il y a bien trois-quatre ans! [Si vous n’avez pas lu le premier volet des aventures de Thursday Next je vous le conseille vivement mais vous déconseille la lecture complète de mon billet qui contient quelques indiscrétions et révélations…]

Ce roman est donc la suite des aventures de Thursday Next, jeune trentenaire qui vit dans un monde différent du nôtre car oui, Jasper Fforde nous livre en plusieurs tomes une uchronie bien originale! La guerre de Crimée qui «normalement » a opposé la Grande-Bretagne au XIXe siècle a, dans le monde de Thursday, perduré. Thursday est d’ailleurs un jeune vétéran de ce conflit armé. Ce n’est pas la seule divergence avec notre monde à nous : une multinationale malfaisante, Goliath,  ayant repoussé les nazis en 1945 règne sur l’Angleterre, le pays de Galles est indépendant et les dodos, ces oiseaux immortalisés par Lewis Carroll dans Alice aux pays des Merveilles, ont été ressuscités et sont des animaux de compagnie. De plus, la littérature est tellement importante qu’il existe une agence de détectives littéraires dont fait partie Thursday. Son oncle, Mycroft, un savant doucettement fou a créé un passage, le portail de la prose, qui permet de rentrer des œuvres littéraires. Quelques incursions dans Jane Eyre et Le Corbeau plus tard Thursday a dévoilé les manigances du groupe Goliath et s’est débarrassé d’un criminel maléfique qui menaçait le monde littéraire.

Un dodo

Dans ce deuxième volet Thursday vient de convoler avec Landen, travaille toujours comme détective littéraire mais est devenue une célébrité suite à la modification involontaire de Jane Eyre qui partage l’opinion publique. Le groupe Goliath souhaite récupérer l’agent qu’elle a enfermé dans le poème de Poe, un manuscrit inconnu de Shakespeare, Cardenio, fait mystérieusement son apparition et Thursday échappe de peu à la mort. À tout ces événements s’ajoutent une bonne nouvelle et un odieux chantage! Et nous rencontrons miss Havisham dans sa robe de mariée mitée, Marian Dashwood, le petit Prince, le Chat de Cheschire et nous faisons une incursion dans le procès de l’œuvre de Kafka…

miss havisham Miss Havisham et Pip (De Grandes Espérances)

Par où commencer? Ah oui, ce roman est encore meilleur que le premier! Je crois ne pas pouvoir vous dire combien j’aime ce roman… je ne l’aime pas je l’adore! Je crois être aussi follement enthousiaste car mes rêves et mes thèmes de prédilection depuis que je suis enfant sont nourris pas cet univers créé par Fforde. Rentrer dans des livres ou dessin-animés pour interagir avec les personnages était un rêve de petite fille ^^ Quant aux voyages dans le temps, les paradoxes temporels (la non-conception du père de Thursday et pourtant il existe!) et les autres dimensions c’est un thème qui m’enthousiasme terriblement, qui fait réfléchir dans tous les sens, qui n’en finit pas de fasciner et de torturer à la fois, tant au cinéma que dans les livres. Enfin, tout cela se déroule dans un monde où la littérature a une place reine et Fforde laisse libre court à un foisonnement littéraire irrésistible… comment pouvais-je lutter contre tous ces délices???

J’aime les courts extraits qui précédent et éclairent chaque chapitre! J’ai dévoré, savouré ces pages délicieuses et jubilatoires à la fois! Dans ce tome on découvre la Grande Bibliothèque, un endroit contenant un exemplaire de chaque livre qui sera jamais écrit!

Voyons, quand miss Havisham en aura terminé avec vous, vous serez capable de visiter sans sourciller les premiers brouillons, les personnages supprimés ou les chapitres coupés qui ne veulent plus rien dire, ou en tout cas pas grand-chose. Qui sait, vous aurez peut-être un aperçu du cœur même du livre,du noyau d’énergie central qui tient tout le roman. (dixit le Chat de Cheschire p. 207)

Je suis restée en extase devant le procédé des chapitres 4 et 4a (oui vous avez bien lu!), ai été amusée et attendrie par l’oncle Mycroft (qui me rappelle depuis le premier tome Doc de «Retour vers le futur »… d’ailleurs Fforde lui fait dire «nom de Zeus » il s’agit donc d’un clin d’œil appuyé), en proie à la jubilation en lisant l’absurde kakfaïen (« Cependant, dans votre déclaration écrite sous serment, vous n’avez pas notifié qu’elle n’était pas peintre en bâtiment, n’est-ce pas? » p.224) et tout simplement exaltée quand une Marianne Dashwood fait une liste de courses à Thursday :

Des Menthos. J’adore les Menthos. (…) et si ça ne vous ennuie pas, plusieurs paires de collants en nylon… et des piles AA ; une douzaine ça serait parfait. (p. 317)

et explique la chance qu’elle a :

Le chapitre est terminé, et puis ce livre est écrit à la troisième personne. Nous sommes libres de nos faits et gestes jusqu’à demain matin, quand nous partirons pour le Devon (…) J’aurais détesté être l’héroïne d’un récit à la première personne. On est toujours sur le qui-vive, il y a toujours quelqu’un pour lire dans vos pensées! Ici, nous faisons ce qu’on nous dit de faire, mais nos pensée nous appartiennent. Et c’est beaucoup plus agréable, croyez-moi. (pp. 315-316)

Enfin la description par le père de Thursday d’un monde «de côté » où pourrait se rendre Thursday, un monde où «la Seconde Guerre mondiale se sera terminée en 1945, et le conflit de Crimée n’aura pas dépassé 1854. » et dans lequel « ils ont ce qu’on appelle des avions de ligne » est d’une ironie succulente!

Le seul petit bémol est pour la traduction, un titre de roman mal traduit (le Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee), une référence publicitaire également et quelques autres soucis qui m’ont un peu agacés… mais rien de bien grave malgré tout!

Un roman que l’on savoure totalement quand on a une bonne culture littéraire et qu’on a lu tous les romans évoqués ou traversés et qui, sinon donne envie de découvrir les œuvres citées. Pour ma part je n’ai ni lu Le Procès, ni De grandes espérances et je dois dire que maintenant j’ai très envie de les découvrir!

Bref un grand grand coup de cœur que je vais continuer dans quelques jours avec le tome suivant, Le Puits des histoires perdus!

coup de coeur 

Winter Time Travel

Ma première contribution au Winter Time Travel de Rsf blog.