C'est avec un grand plaisir que j'ai commencé ce recueil dans lequel Bulbul Sharma (un nom qui déjà suffit à me ravir) nous fait découvrir une facette bien particulière de son pays! Dans ses huit nouvelles elle nous conte en effet des histoires de femmes. Ces Indiennes ont toutes en commun de souffrir du poids des traditions, très souvent incarné par des femmes âgées, parmi lesquelles les fameuses «sacrées tantes».
Elle essaya ensuite de pratique le chant pendant quelques temps, mais dès qu'elle eut fini sa première composition, tous les voisins se pressèrent sous le porche pour lui demander si son mari la battait et si elle avait besoin d'aide. (p.42)
Et puis Bulbul Sharma nous emmène invariablement en voyage, c'est la constante, le fil rouge qui unit toutes ces nouvelles. Le voyage comme possibilité de changer, d'acquérir sa liberté et d'enfin décider par soi-même!
J'ai été happée par toutes ces histoires, ces univers bien particuliers. J'ai été vraiment émue par certaines. La première notamment avec cette mère qui n'a pas vu son fils depuis quarante ans ou cette petite mariée de sept ans qui n'est décrite que comme un objet et qui est simplement une enfant (mais "heureusement" si je peux dire, son mari est également enfant et l'on apprend dans une autre nouvelle que ces mariages d'enfants ont été interdits par la suite!)
Toutefois deux nouvelles se sont démarquées. « Jusqu'à Smila en tonga », qui nous conte l'histoire de l'Inde de 1908 à l'indépendance à travers les yeux d'une jeune femme libre et ne suivant pas les traditions, est vraiment celle que je préfère. Et puis la nouvelle par laquelle finit le recueil, « La vie dans un palais » m'a profondément touchée, comme une conclusion optimiste et positive à l'ensemble de vies qui vient de se dérouler devant nos yeux.
Un coup de cœur qui m'a convaincu de découvrir d’autres écrits de cet auteur et qui me permet d'honorer un challenge!


