J’ai décidé de perpétuer la tradition du jeudi, initiée par Chiffonnette et reprise par de nombreuses bloggeuses. En effet, j’aime les citations que je perçois comme une ouverture sur un univers mais également comme un tout qui se suffit à lui-même. Pour ma part il s’agira donc, chaque jeudi, de partager ici une citation de mon livre en cours. Pour débuter, quoi de mieux que des lignes évoquant les livres?
Sauf que — lui, Augustin, il en prenait soudainement conscience — les livres, tout comme les êtres humains, avaient une vie, menaient chacun une existence particulière, changeaient de domicile, avaient le pouvoir d’enchanter une journée ou au contraire de l’assombrir, servaient de cachette pour les secrets avouables et inavouables, se posaient parfois en reproche muet, tombaient pour s’ouvrir à une page à laquelle on jetait un regard distrait, sursautant quand on se rendait compte que celle-ci livrait la réponse à une interrogation qui vous taraudait depuis etcetera de temps et donc les livres finissaient aussi par mourir.
La Jarre d’Or – Raphaël Confiant (pp.142-143)
