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7 février 2012

Charles Dickens a 200 ans… hé oui !

Aujourd’hui c’est le bicentenaire de la naissance de Charles Dickens, grand auteur qu’on ne présente plus et qui a inspiré de nombreux auteurs et cinéastes.Un auteur que j’ai lu enfant et adolescente (Edwin Drood, The Mudfog tales, Christmas Carols) et, pour les autres que je n’ai pas lus,  ils font partie de notre héritage culturel alors je les connais sans les avoir lus (Oliver Twist, David Copperfield). Alors oui, parfois Dickens en fait un peu trop mais j’en (re)lirais bien certains, dont, surtout, celui mettant en scène miss Havisham que j’ai beaucoup appréciée dans les aventures de Thursday Next.

Je vous laisse avec le magnifique logo de Google pour l’occasion. Et vous pouvez en lire plus chez miss Cryssilda qui aime beaucoup cet auteur…

dickens-2012

5 février 2012

« L’invité » – Roald Dahl

Ou « De la difficulté d’écrire des billets longtemps après la lecture d’un livre »…

Je suis en pleine préparation d’exposition mais vais essayer, de ci de là de vous livrer quelques billets que j’espère aussi complets que possible car portant sur des livres lus il y a quelques semaines voire quelques mois, hum…

Donc là je vous parle d’un texte, une longue nouvelle, lu en août. Je revois, avec mon petit, dans le bus, lisant ce court texte du grand Roald Dahl !

Le narrateur, ayant vécu enfant au Pays de Galles et d’origine norvégienne (comme l’auteur) reçoit une malle contenant les mémoires en 28 volumes de son grand-oncle, Oswald Hendryks Cornelius, récemment décédé.

Vingt-huit volumes d’exactement trois cents pages chacun, cela en fait de la lecture, et rares sont ma foi les auteurs capables de tenir leurs lecteurs en haleine sur cette distance. Oswald, lui, le pouvait.

(p.13)

C’est que cet Oswald est un homme incroyable : séducteur invétéré, adepte des cravates en soie d’araignée qu’il récolte lui-même, grand aventurier un brin maniaque et très cultivé!

Le narrateur décide donc d’offrir au regard du lecteur certains volumes, moins sulfureux que d’autres (les protagonistes étant pour certains encore vivants, il lui eût été impossible de nous les faire lire!)… un procédé qui m’a beaucoup plu!

L’épisode que nous lisons donc est celui du Sinaï (1946) est il est sa-vou-reux! En effet les passages concernant le raffinement, les arias (dont Aïda, très adapté à sa traversée égyptienne) écoutés par Oswald en voiture, en plein milieu du désert, ses rendez-vous galants (« Pour ma part je n’ai jamais,absolument jamais laissé une relation intime se prolonger plus de douze heures » p.30-31) et son dégoût pour les microbes, virus et autres saletés sont délectables. Les situations cocasses et parfois oppressantes.

Je plongeai la main dans le vide-poches de portière pour prendre ma bouteille de Glenmorangie. Je m’en versai un gobelet bien tassé et attendis en le sirotant. L’homme avait poussé son visage à moins d’un mètre de moi ; son haleine fétide avait envahi a voiture… qui sait combien de milliards de virus s’y étaient engouffrés en même temps ?

(p.45)

Et un passage sur les livres, l’amour des livres, jubilatoire:

Je fouillai dans le fond de la voiture où je range toujours ma caisse de livres, et, sans même regarder, pris le premier qui me tomba sous la main. La caisse contenait trente ou quarante des meilleurs livres du monde, qui tous pouvaient se relire une centaine de sois en gagnant encore à chaque nouvelle lecture.

(p. 53)

Bref, un texte plaisant, une langue raffinée mais, comme toujours chez Roald Dahl, comme dans ses histoires pour enfants, un ton drôle et décalé avec,en plus, un ton plus libre, plus osé aussi.

En un mot, Roald Dahl est un grand auteur, de ceux qui peuvent nous accompagner au cours des différentes phases d’une vie.

L’invité – Roald Dahl (1965) – 96 pages – Gallimard – Folio 2 € – 2010

Challenge-anglais logo challenge La nouvelle

15 janvier 2012

« Les oiseaux » (nouvelle de « Les Oiseaux ») - Daphné Du Maurier

J’ai commencé vendredi soir un des livres que mon homme m’a offerts. C’est qu’il était sur ma LAL celui-là… en tant qu’admiratrice de l’oeuvre d’Hitchcock, forcément  je voulais découvrir les oeuvres de Daphne Du Maurier qui a inspiré le grand maître par trois fois !

Et puis il y a tant de bloggeuses qui en ont dit du bien que j’avais vraiment hâte de découvrir ce recueil. Car oui, « Les oiseaux » est une nouvelle, la première, du recueil Les Oiseaux. Je vous parlerai des autres nouvelles (pas encore terminées), en un billet je pense, plus tard.

Vendredi j’ai donc fait une pause dans un Wilkie Collins au rythme lent, dur pour moi qui suis épuisée en ce moment, et ai lu en deux « fois », sous la couette, cette nouvelle terrifiante.

Début années 1950. Nat vit avec sa femme et ses deux enfants dans un village de Cornouailles. Pendant la nuit, des oiseaux entrent dans la chambre de ses enfants, il se bat avec pour les chasser. Il ne comprend pas ce que faisaient ces oiseaux dans sa maison. Le froid arctique, rude, et le vent d’Est qui sont arrivés subitement ?

Au début, personne ne le croit. Puis à la radio sa femme entend que les attaques se produisent partout en Angleterre. Il se prépare à affronter l’assaut des volatiles de toutes espèces.

Daphne Du Maurier, en une quarantaine de pages, instille doucement puis de manière intense et oppressantes des éléments angoissants puis, à mesure qu’on avance dans la journée, de terreur et d’oppression.

Maîtresse de son récit, elle utilise le suspense à merveille, en donnant un court répits aux humains ( ceux qui sont assez observateurs et connaisseurs de la Nature), la marée basse et l’objectif d’attendre et d’atteindre les 7 heures du matin.

Les mouettes, en particulier, sont effroyables, elles m’ont fait pensé, en lisant ces lignes, je ne sais pourquoi, à la chevauchée des Walkyries.

C’est alors qu’il vit les mouettes, au loin, chevauchant la mer.

Ce qu’il avait pris tout d’abord pour les coiffes d’écume des vagues était des mouettes. Des centaines, des milliers, des dizaines de milliers… Elles montaient et descendaient avec l’onde, tête au vent, comme une flotte puissante à l’ancre attendant a marée.

(p.22)

Le rocher, découvert au milieu de la matinée, était invisible à présent, mais ce n’est pas la mer qui retenait son regard. Les mouettes s’étaient élevées (…) C’étaient les mouettes qui assombrissaient le ciel. Et elle se taisaient. L’on n’entendait pas un cri.

(p.27)

[Écoutez comme c’est charmant ces p’tites bêtes que j’ai mises en ligne pour vous…]

Mais, surtout, c’est l’idée d’une Angleterre (voire le monde entier ?) entièrement attaquée, envahie par les oiseaux qui est glaçante, terrifiante, apocalyptique même !

J’y ai perçu un traumatisme voire une critique de la guerre dont les populations ne comprennent que si peu les raisons, l’origine. Il faut rappeler que cette nouvelle a été écrite que sept ans après la fin de la deuxième guerre mondiale. Nat lui même s’y réfère ouvertement au début. Mais Du Maurier utilise clairement les termes militaires et de l’offensive pour qualifier les oiseaux qui sont en « mission », mène l’« assaut », Nat et son « état de siège», etc. Au début les fermiers pensent que ce sont les Russes qui ont empoisonné les oiseaux… spectres paranoïaques de la guerre froide également.

C’est également un récit de la révolte de la Nature contre l’être humain, lui-même envahisseur.

L’horreur absolue :

L’horloge de la cuisine sonna sept heures. Pas un son. Pas de carillon, pas de musique. Ils attendirent jusqu’au quart et cherchèrent un autre poste. Même résultat. Aucun bulletin de nouvelles n’était transmis.

(p.48)

Nat et sa petite famille sont là, tels les seuls rescapés d’une catastrophe dont ils ne connaissent ni l’origine ni la raison.

Les derniers mots sont terrifiants, glaçants.

Je vous laisse en bonne compagnie…  [il faut cliquer sur le lien mis en ligne par mes soins, pour vous mettre dans l’ambiance… à se passer en boucle pour se sentir comme Nat]

Très  très bientôt le billet sur le film qu’en a tiré Sir Alfred (la couverture du livre en est tiré), avec une perspective comparative, bien entendu ! (pas le temps malheureusement de l’écrire aujourd’hui…)

Dernière participation au Mois anglais et nouvel ajout à trois autres challenges dont le mien.

mois anglais Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie Challenge-anglais

Les Oiseaux – recueil de nouvelles – 1952

Le Livre de Poche – 348 pages – 2009

12 janvier 2012

Le Meutre de Roger Ackroyd – Agatha Christie

Voilà, je suis enfin de retour, j’espère être régulière vu le nombre de livres et films dont j’ai envie de vous parler depuis plusieurs semaines et mois!

Alors bon, la reprise est difficile mais je m’empresse de vous parler d’un Agatha Christie car le mois anglais qui me passionne et auquel je suis inscrite touche bientôt à sa fin. Pour que l’honneur soit sauf, il me faut au moins un billet anglais, non mais !

Direction donc King’s Abbott, petit village anglais dans lequel le bon vieux Roger Ackroyd est assassiné, dans son bureau ; il meurt donc  peu après la veuve qu’il souhaitait épouser et qu’il s’est suicidée. Une certaine miss Shepard, soeur du docteur du défunt, commence à faire des suppositions, se sent l’âme d’une enquêtrice jusquà ce que son voisin belge, à la retraite, reprenne l’affaire, aidé en cela par le bon docteur Shepard.

Le Meurtre de Roger Ackroyd est sa-vou-reux. C’est dit !  Parce que notre bonne vieille Agatha manipule ses lecteurs avec délectation (malheureusement, et pour des raison évidentes, je ne puis développer sur ce sujet très intéressant) quant au déroulement du meurtre et l’identité du coupable !

Et puis Agatha Christie a un sens de l’humour et une ironie mordantes. Ainsi, dès les premières pages, la présentation du village de King’s Abbot :

Tous les hommes valides s’empressent de partir dès qu’ils sont en âge de le faire, mais nous ne manquons ni de vieilles filles ni d’officiers à la retraite. Quant à son passe-temps et distractions favorites, un verbe suffit pour les décrire : cancaner. (p.10)

Pour qualifier une fouineuse :

Non, c’était bel et bien l’instinct de la mangouste qui l’avait conduite à notre forêt communale… (p.24)

Et en évoquant la main d’une vieille dame :

Elle me tendit  une poignée d’os et de bagues… (p.30)

Mais ce n’est pas tout. On retrouve Hercule Poirot, à la retraite ! Mais pas complètement finalement car le Belge préféré de miss Christie est toujours aussi intelligent et futé. C’en est même impressionnant ! Et il s’offre le luxe, pendant son enquête, d’aider des amoureux!

J’aime la manière dont Agatha Christie amène habilement plusieurs coupables potentiels, plusieurs sous-intrigue aussi avant d’élaguer, peu à peu, au chapitre 19 (27 en tout), les différents mystères.

Et puis c’est une autre époque (la pendaison est encore une peine encourue !) et une atmosphère très particulière que j’ai aimé retrouver après plus de seize ans sans lire un seul Christie (dont j’étais une grande lectrice autour de 13-15 ans).

Mon petit conseil du jour : lire un Christie  lors d’une période délicate : déménagement (comme moi), alitement, débordement-à-la-limite-du-craquage, long voyage en train, en avion… ou en paquebot britannique. Ces livres sont parfaits pour ces moments!

mois anglais challange-agatha-christie

17 juin 2011

« A working mother » – Agnes Owens

a working... I loved and hated him with an equal intensity. (p.25)

Voici la définition de la relation de Betty  et son mari, Adam. Il est au chômage, elle lui annonce qu’elle compte trouver un emploi et divorcer et il faut bien avouer que cela ne semble lui faire ni chaud ni froid! Lui a fait la guerre (les Malouines?) et s’en sert comme d’une explication à tous ses dysfonctionnements quand Betty, qui souhaite une vie meilleure pour ses deux enfants et elle ne peut s’empêcher de coucher avec Brendan, le meilleur ami de Adam avec qui elle pourrait même envisager un autre avenir.

À cela s’ajoutent une patronne d’agence d’intérim aux multiples carrières, un patron étrange et libidineux et une collègue mère célibataire au maquillage outrageux et nous voilà immergés dans les classes populaires écossaises, leurs rendez-vous dans les pubs, les télés qui gardent les enfants, le racisme quotidien (“Give her five bob for Christ’s sake”, said my father. “She’s your daughter, not some bloody Arab”. “Or communist”, I added p.87), les costumes achetés à crédit, les vacances d’une journée et l’alcool!

Oui, l’alcool a une place de choix puisqu’il est le ciment entre l’héroïne et son mari, le seul lien qui leur permette de se supporter. De plus ce liquide chéri par le couple accompagne Betty jusqu’à la fin du roman, une issue que j’ai trouvé injuste pour elle puisque c’est le personnage qui essaie le plus de changer, de sortir de sa condition, d’évoluer!

Un roman dans lequel Agnes Owens mêle réalisme social, humour (noir souvent) et  phrases cinglantes pour nous livrer une histoire au ton vrai et profondément triste.

Merci à Cryssilda de m’avoir prêté ce roman qui me permet d’inaugurer le mois « kiltissime » écossais mais aussi de contribuer au challenge littérature britannique.

mois écosse

Challenge-anglais

Lu en lecture commune avec la même Cryssilda!logo LC

A Working Mother– Agnes Owens (1994)

Bloomsbury– 187 pages - 1994

2 juin 2011

« Ma sœur est une sorcière » – Les mondes de Chrestomanci tome 1 – Diana Wynne Jones

ma soeur est Eric, surnommé Chat, et sa soeur, Gwendoline, jeune sorcière apparemment douée, deviennent orphelins. Il vont d’abord vivre chez Mme Sharp qui permet à l’ambitieuse Gwendoline de prendre des cours de magie. Puis les deux orphelins Arcand emménagement chez un certain Chrestomanci qui avait entretenu, à plusieurs reprises, une correspondance avec leur père. Avant leur départ Miss Larkins, une voyante, fait une troublante prédiction à Chat.

Dès leur arrivée au château de Chrestomanci, les deux enfants ont une impression étrange et Gwendoline, qui avait hâte de mener la grande vie et de faire l’objet de toutes les attentions en raison de son talent, est déçue ; elle n’en devient que plus pénible, détestable même!

S’ensuit alors une série de confrontations entre la petite fille et Chrestomanci, sous l’œil anxieux de Chat.

J’ai découvert ce roman et son auteur, Diana Wynne Jones, grâce à un billet de Céline, paru à l’occasion du décès de cet auteur jeunesse qui assista, pendant ses années d’université, à une conférence de Tolkien et de C.S. Lewis. De plus, une des ses œuvres, Le château de Hurle, a été adaptée à l’écran par Miyazaki. Voilà deux faits qui me laissaient espérer beaucoup. Sur l’invitation de Céline j’ai donc décidé de lire, accompagnée de ma fille, les séries des Mondes de Chrestomanci, en hommage à leur auteur.

Après un début déroutant, notamment en raison de la méchanceté et l’antipathie suscitées par Gwendoline, les premiers mystères font leur apparition, bien vite. De plus, une impression étrange, comme si Chat était le réel héros de l’histoire, survient quand l’auteur nous affirme que :

« C’est donc ainsi que survint le second grand changement dans la vie de Chat. Et son avenir lui sembla soudain terriblement lugubre. » (p.38)

Le mystère s’épaissit à mesure que les enfants vivent dans le château ; Diana Wynne Jones sait intriguer, poser le mystère, inquiéter même! Outre cette dimension son récit est empli d’humour, il est même comique parfois :

— Hé, vous! Venez ici tout de suite!

Chrestomanci leva vers elle un visage étonné.

— Quelqu’un se permet d’ouvrir mon courrier, cria Gwendoline. Je me moque de savoir qui, mais s’il croit que ça va se passer comme ça, il se met le doigt dans l’oeil!

— Dans l’œil, ou dans ton courrier, il faudrait savoir…

— Il se fait des illusions! s’impatienta Gwendoline. À l’avenir j’exige que mes lettres m’arrivent fermées!

— Tu veux dire qu’il faudra les ouvrir à la vapeur et les recoller ensuite? dit Chrestomanci avec hésitation. Ce n’est pas très pratique, mais enfin, si ça peut te faire plaisir…

(p.101)

Je me suis attachée à certains personnages ( j’ai beaucoup aimé M. Saunders) et de temps à autres de belles images m’ont enchantées :

« Son estomac, repu de confiture ensorcelée, opéra une plongée étonnamment rapide vers les oubliettes du château » (p.190)

Je dois cependant avouer que j’ai dû attendre la moitié du roman pour vraiment être happée par cet univers. Diana Wynne Jones relance alors  l’intrigue avec l’arrivée d’un nouveau personnage et de grandes trouvailles créatives que j’ai adorées. Bref, dès cet instant le récit a trouvé tout son intérêt et le personnage de Chat a pris toute son ampleur, jusqu’au final beau et réussi. Ah et ce Chrestomanci, touchant, beau, raffiné et magnifique, notamment à la fin… un délice! Beau contrepoint à la cruauté de Gwendoline, un vrai monstre.

Je dois dire que j’ai désormais hâte de lire les autres romans de la série, en espérant y retrouver Chat. Je pense que Diana Wynne Jones a inspiré de nombreux auteurs, dont J.K. Rowling, que ce soit par rapport aux scènes finales grandioses, (les confrontations entre le(s) héros et leurs ennemis) ou le concept d’horcruxes.

Une lecture partagée avec Céline  et ma fille logo billet S&safille, un très grand plaisir à poursuivre!

Le billet de ma fille : (attention, spoilers dans les premières lignes! ^^’)

Deux orphelins vont voir Mme Sharp, la grande sœur se nomme Gwendoline et l’autre Chat ou Eric Arcand.

Gwendoline écrit une lettre à Chrestomanci qui les emmène (les enfants) chez lui. Chrestomanci et ses enfants sont aussi de la famille Arcand.

Gwendoline part dans un nouveau monde et Chat fait la connaissance d’une fille qui s’appelle Janet Arcand.

J’ai bien aimé ce libre parce que c’étaient de belles aventures, le livre était long et parce que Chat et Janet sont rigolos dans cette histoire.

Il y a un moment que je n’ai pas trop aimé : quand Gwendoline fait grossir de petits animaux et quand on sait qu’elle prend les vies de son frère.

DianaWynneJonesChallenge-anglais 

Ma soeur est une sorcière – Diana Wynne Jones (1977)

Gallimard jeunesse, collection Folio junior – 299 pages - 2007

30 avril 2011

« Doctor Faustus » – Christopher Marlowe

Le fameux mythe de Faust : un homme pactise avec le diable et est damné pour l’éternité. Un mythe souvent connu pour l’œuvre de Goethe et toutes les références culturelles présentes dans la littérature et le cinéma qui en découlent. Mais avant Goethe il y eût Marlowe (1564-1593)!
Donc Faust, savant, homme de sciences et de connaissances, professeur d’université allemand aimerait dépasser les limites des connaissances et pouvoirs humains, méprise les matières classiques pour la magie et, pour cela, signe un pacte avec Lucifer par l’intermédiaire de Méphistophélès, un de ses démons. Et le voilà en route pour vingt-quatre ans de pouvoir sans limite, de succès et de connaissances.
Une pièce fondatrice d’un grand mythe mais pourtant inégale! J’ai en effet beaucoup aimé le prologue à l’ancienne, avec un chœur qu’on imagine aisément dans une représentation théâtrale. De plus ce chœur pose clairement les enjeux de la pièce : Faust souhaite s’élever au-dessus de la condition humaine et, tel Icare avant lui, il chutera :
Till, swoll’n with cunning of a self-conceit,
His waxen wings did mount above his reach,
And, melting, heavens conspired his overthrow.
(v.20-22)
Tant et si bien que, gonflé d’orgueil et de science,
Il s’élève trop haut sur des ailes de cire,
Que le ciel va faire fondre pour entraîner sa chute ;
J’ai d’ailleurs beaucoup aimé cette dimension mythologique que l’on retrouve à plusieurs reprises (Icare, Diane, Jupiter, Hélène de Troie…) et qui côtoie la religion ; une subtile association très intéressante.
J’ai tout autant apprécié la scène de la « signature » du contrat ainsi que la scène 4 de l’Acte IV et, enfin le dernier acte, bien entendu, celui intense et profond de Faust payant son dû à Lucifer.
Les interventions du bon ange et mauvais ange (celui-ci flattant sa vanité), très « moralement correctes », montrent l’ambivalence tragique de Faust qui signe ce contrat sans vraiment croire à l’Enfer (« I think hell’s a fable », v.129 et « Why, dost thou think that Faustus shall be damned? » v.131) puis qui, à plusieurs reprises, essaie de revenir sur cette signature, en vain tant il est séduit par les plaisirs et le pouvoir terrestres ou est tenté par les démons.
Pourtant, hors de tous ces passages et scènes, il y a comme des intermèdes bouffes qui m’ont déroutés et ennuyés. Cependant on arrive bien vite à la chute de celui qui disait dans la toute première scène qu’il serait un demi-dieu ; la fin est violente : il perd la tête (littéralement) puis une jambe mais c’est surtout au moment d’honorer son contrat que Faust panique devant l’issue fatale, la damnation éternelle :
but now I must die eternally (…)
(Acte V, sc. 2, v. 29)
maintenant je dois mourir d’une mort éternelle (…)
But mine must live still to be plagued in hell.
Curst be the parents that engendered me!
No, Faustus, curse thyself. Curse Lucifer,
That hath deprived thee of the joys of heaven.
The clock strikes twelve
(Acte V, scène 2, v.181-185)

La mienne ne doit vivre que les tortures de l’Enfer.
Maudits soient les parents qui m’ont donné la vie!
Non, Faust, maudis-toi toi-même. Maudis Lucifer
Qui t’a privé du ciel et de toutes ses joies.
L’horloge sonne douze coups
Malgré des longueurs et une lecture mitigée, je reste très contente d’avoir enfin lu une des versions de ce mythe si important qui a inspiré bon nombres d’œuvres de tout genre par la suite, notamment Le portrait de Dorian Gray de Wilde.
Challenge-anglais challenge théâtre

Doctor Faustus – Christopher Marlowe
éditions GF Flammarion – 297 pages -1997

8 avril 2011

« Emma » – Jane Austen

emmablog2 Enfin j’ai terminé (il y a quelques jours) la lecture de ce roman initialement prévu pour une lecture commune le 8 mars!
Highbury, années 1810. Emma Woodhouse est une jeune femme de vingt-et-un ans qui a tout pour elle,  « handsome, clever and rich » (belle, intelligente et riche)(p.5) et qui a connu très peu de contrariétés dans sa vie d’autant que son père et sa gouvernante, Mrs Weston (née Miss Taylor) l’ont souvent laissé faire selon ses envies. Régnant presque sur la petite communauté codifiée de Highbury elle se réjouit, dans les premières pages, d’avoir été à l’origine du mariage de sa chère miss Taylor avec Mr Weston. Ainsi, pensant être douée pour arranger des unions, elle trouve ses prochaines « cibles » en Mr Elton et Harriet Smith, une jeune femme innocente et naïve qu’Emma a pris sous son aile, se sentant seule après le départ de sa gouvernante. Autour de ce petit monde gravitent Mr Knightley, ami de longue date de la famille, le seul à taquiner voire à critiquer Emma et les femmes Bates, mère et fille. Puis, la narration est relancée quand Jane Fairfax revient chez sa grand-mère et sa tante (les Bates) et que Franck Churchill vient rendre visite à son père et sa belle-mère, Mr et Mrs Weston.
Emma et son talent autoproclamé iront, au fil du roman, de surprises en déconvenues.
J’ai retrouvé, avec ce roman, Jane Austen après plus de dix ans sans lire un seul de ses livres! Ma découverte de son univers s’est faite lors d’une séance de cinéma avec la classe d’anglais, au collège, pour « Sense and Sensibility ». J’avais vraiment beaucoup aimé! Puis, deux-trois ans après, une amie et moi nous sommes plongées dans Pride and Prejudice, le livre et, surtout, le visionnage de la version de la BBC (oui la fameuse avec cette adorable Jennifer Ehle et, surtout, le grand Colin!)… de nombreux fous rires à deux, surtout en raison de Mrs Bennett!
Pour en revenir à ma lecture, en version originale d’où un rythme un peu plus lent, j’ai eu plaisir à retrouver l’univers austenien de cette époque et j’ai beaucoup aimé Emma malgré ses défauts. Parfois elle se laisse aller à des préjugés, notamment à l’égard de Jane Fairfax qui, pourtant, lors de sa première description (pp.125-126), m’a beaucoup plue. Elle est aussi méprisante enversr Harriet et les fermiers! «… with Mr Martin again without perceiving him to be a very inferior creature » (p.26)Tout cela m’a fortement déplu, il est vrai.
Mais, comme un certain George Knightley j’ai trouvé ses qualités plaisantes et touchantes! Ainsi, lors d’un pique-nique Emma blesse, par ses mots, miss Bates qui n’est ni « young, handmsome, rich nor married » (jeune, belle, riche ou mariée) (p.17) et qui a « no intellectual superiority » (aucune supériorité intellectuelle) (p.17) mais que tout le monde apprécie. Suite à cet épisode et aux remontrances de Mr Knightley, elle réalise et se repent sincèrement de l’humiliation qu’elle a provoquée! De plus elle est très attentionnée avec ses amis ainsi qu’avec les « nécessiteux » de Highbury.
Un autre personnage doté de ces deux dernières qualités est George Knightley (son nom faisant d’ailleurs référence au « chevalier »… tel un chevalier servant?)qui m’a vraiment beaucoup plu. Clairvoyant, franc et honnête, il est le seul à parler sans détours  à Emma, à la remettre à sa place quand il le faut.
I must, I will, — I will tell you truths while I can, satisfied with proving  myself your friend by very faithful counsel… (p.284)
De plus il est attentionné et généreux (avec les femmes Bates qui ont peu d’argent) ainsi qu’avec Harriet lors d’une scène humiliante de bal.
Au fil des chapitres j’ai perçu que Knightley et Emma flirtaient parfois. Eet puis on peut dénoter à, plusieurs reprises que, étrangement, il s’énerve dès qu’Emma parle de Franck Churchill quand celle-ci s’emporte quand Mrs Weston ose suggérer que Knightley pourrait être intéressé par Jane Fairfax!
Nonsense! He does not care about Jane Fairfax. (p.170)
Mrs Elton est également un personnage très austenien, de ceux qu’on se plaît à détester.  Elle m’a insupporté d’emblée, comme elle a insupporté Emma. Méprisante, hautaine, égocentrique et vulgaire, elle arrive à Highbury comme une conquérante et apprécierait que tout ce petit monde tourne désormais autour d’elle, dépende d’elle et de ses entrées dans la haute société extérieure à Highbury :
It would be a charming introduction for you, who have lived so secluded a life ; and I could immediately secure you some of the best society in the place. (p.207)
Enfin, Mr Woodhouse m’a fait rire à plusieurs reprises car, hypocondriaque, de mauvaise foi et égoïste, il est le pendant positif de Mr Fairlie inventé par Wilkie Collins. Ainsi il refuse de nommer Mrs Weston par son nom de femme mariée et il dit toujours d’elle « poor miss Taylor » comme si le mariage était une malédiction alors que, tout simplement, elle lui manque.
Il y aurait tant d’autres choses à écrire sur ce roman, comme sur toutes les œuvres de Jane Austen souvent perçues, au mieux, comme « légères », au pire comme « sans intérêt ou à l’eau de rose »… Je ne suis pas d’accord avec ces jugements hâtifs ; derrière une légèreté apparente propre à ce roman, plus qu’à d’autres, il y a, comme toujours chez cet auteur, un véritable témoignage de la condition des femmes de cette époque! Et puis il y a même des considérations politiques comme quand Jane Austen évoque l’horreur de l’esclavage par le discours que tient Jane Fairfax à l’insupportable Mrs Elton en parlant de « Offices for the sale — not quite of human flesh — but of human intellect.» (p.227) comparant ainsi l’esclavage et le “« marché » des gouvernantes. En effet, Jane Fairfax a été élevée dans une famille riche, les Campbell, mais n’ayant pas elle-même d’héritage devra soit se marier avec un homme riche soit travailler pour s’assurer un avenir décent. Nous en revenons donc à la condition féminine, les femmes étant presque toujours dépendantes du bon vouloir d’un homme pour avoir une existence qui leur convienne. Toutes sauf Emma, une héroïne austenienne atypique qui n’a aucun besoin d’argent et qui choisit donc le mariage d’amour sans aucune autre considération, si ce n’est le bien-être de son père.
emma7b
Par contre, j’ai une réserve quant à l’usage que Jane Austen a fait des préjugés et peurs liés aux gitans. Ainsi, elle s’en sert comme d’un ressort dramatique pour relancer le récit et perturber la société confortable de Highbury. De plus, parfois, j’ai trouvé des passages un peu trop lents, à moins qu’ils n’aient été longs.
Malgré ces petits bémols, Emma a été une lecture qui m’a fait du bien et m’a donné envie d’aller faire un tour dans les vertes prairies vallonnées d’Angleterre. De plus elle m’a mise dans l’ambiance de ma correspondance.
Emma – Jane Austen
Penguin Popular Classics– 367 pages – 1994
Les superbes illustrations ajoutées à ce billet apparaissent dans l’ouvrage complet sur Jane Austen, Jane Austen 8 Books in One. Si une bonne fée ou un charmant génie passe par là…
Vous pouvez retrouver de nombreux billets sur ce roman, notamment chez Alice (cela va de soi!), Lou, Nane, Maggie, Lili Galipette, Irrégulière que je n’ai pas encore lus puisqu’ayant fini ma lecture du roman il y a peu.
Et ce roman est un « catalyseur de challenges » ^^ puisqu’il me permet d’honorer :
Challenge Jane Austen 1 Challenge-anglais avec l’option Queen mom et aussi le challenge Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie
EDIT : et aussi le challenge d'Alice 

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Pour parfaire mon plaisir j’ai regardé, mercredi soir le Emma de 1996, réalisé par Douglas McGrath avec Gwyneth Paltrow dans le rôle-titre.
Ce long-métrage qui est, pour moi, la version la plus connue, me laisse perplexe. Dans l’ensemble, j’ai apprécié d’autant qu’il respecte en grande partie le déroulement du roman et qu’il en explicite voire accentue les ressorts comiques ou tragiques. Ainsi, la scène où Mr Elton tapote à plusieurs reprises l’épaule d’Emma m’a fait sourire, ainsi que celle où Emma, Mr et Mrs Elton, leur tasse de thé à la main, n’ont rien à se dire. Il en est de même pour la scène où Emma blesse Miss Bates (très touchante) et pour celle où Harriet est attaquée par les gitans, beaucoup plus oppressante et violente que dans le roman!
Emma and Harriet
J’ai également apprécié la présentation des génériques, ces petits portraits des personnages et des propriétés, original et utile pour savoir qui est qui. Il en est de même pour les dialogues qui se répondent, traversent plusieurs scènes.
Enfin, j’ai apprécié l’inventivité des procédés comme le dialogue final de Mrs Elton à la caméra. D’ailleurs, elle est très bien interprétée par Juliet Stevenson (que je ne connaissais pas). De plus, Mr Knightley est tout simplement charmant, à l’image de celui du roman et Emma est plaisante. Quant à miss Bates, elle apparaît bien plus sotte et bavarde que dans le roman.
Pourtant, certains passages m’ont semblé ennuyeux, ou plutôt sans substance, trop léger peut-être d’autant que les considérations sur la femme ou la réflexion de Jane sur les gouvernantes ont été gommées!
De plus, le choix de certains acteurs ne m’a pas convaincu : EwanMc Gregor est très bien mais sa coiffure! Ah non! Et Jane Fairfax, incarnée par une actrice très belle (comme est supposé l’être son personnage), Polly Walker (la vénéneuse matriarche dans « Rome ») est bien trop âgée. Emma et elle sont censées avoir vingt-et-un ans, or cette actrice fait bien plus! Il en est de même pour Harriet Smith qui est censé avoir dix-sept ans! J’aime beaucoup, j’adore même le travail de Toni Collette mais là je trouve qu’elle n’a pas l’âge de son personnage bien qu’elle l’interprète à merveille!
Jane and Franck
Enfin, la fin est précipitée, il n’y a pas toutes les nuances liées à Harriet et au père d’Emma (peu présent d’ailleurs), c’est dommage.
Malgré tout j’ai passé deux heures agréables mais, en raison de mon expérience transcendante du « P&P » 1995 version BBC ( qu’il faut d’ailleurs que je m’offre pour les revoir), je me dois de conclure que, décidément, seule la BBC peut honorer l’univers austenien avec maestria!
Et voilà que je commence à honorer tea cup ainsi que, bien sûr, Challenge Jane Austen
EDIT : Et aussi le challenge d'Alice

4 avril 2011

Des voyages et un Colin…

Hier j’ai été faible, hé oui! Ma « challengite » a l’air de me reprendre puisqu’hier, pour bien démarrer avril, je me suis inscrite à trois challenges en l’espace de quelques heures.

Tout d’abord, à cause de Céline la tentatrice, j’ai succombé au challenge lancé par Oh my books. Un challenge Colin Firth liant cinéma et littérature, forcément je ne pouvais résister!

challenge Colin Firth 

Et puis après sa semaine russe auquel j’avais ardemment contribué je m’inscris aux mois (format que je préfère, moins contraignant) cubains et écossais de Cryssilda! Le premier est organisé avec Lamalie (blogueuse que je découvre par la même occasion) et le second avec Lou. Ces deux challenges permettent (et promettent) de belles découvertes culturelles puisque bien sûr c’est la découverte de la littérature de ces pays mais nous pouvons également parler de cinéma, musique, cuisine… Bref, deux beaux voyages en perspective!

mois cubain

mois écosse 

Tous les renseignements sur ces trois challenges en cliquant sur les logos.  Bon début de semaine!

3 mars 2011

Le jeudi, c’est citation!

His own stomach could bear nothing rich, and he could never believe other people to be different from himself. What was unwholesome to him, he regarded as unfit for any body ; and he had, therefore, earnestly tried to dissuade them from having any wedding-cake at all, and when that proved vain, as earnestly tried to prevent any body’s eating it. (…) With such an opinion, in confirmation of his own, Mr Woodhouse hoped to influence every visitor of the new-married pair ; but still the cake was eaten ; and there was no rest for his benevolent nerves till it was all gone.

Emma – Jane Austen (pp.15-16)

 

jeudi citation

1 février 2011

Bilan de janvier

J’ai démarré l’année avec beaucoup de travail : des commandes de toiles, des corrections de livres, des relectures aussi… mon temps de lecture s’en est donc ressenti en ce début d’année! J’ai malgré tout pu lire :
logo semaine russe LogoUneAnneeEnRussie
fforde coup de coeur uchronie
perspective nevski logo semaine russeLogoUneAnneeEnRussie
hymnes
jardinventrebob
J’ai découvert 5 livres (représentant 922 pages). J’ai connu 1 coup de cœur ce mois-ci! J’ai également pu honorer 3 challenges au cours de mes lectures. Côté challenges justement je me suis un peu réfrénée ^^ ;  je ne me suis inscrite qu’à 5 nouveaux défis, dont le mien! Pour les autres il s’agit de Russie, d’Inde, de Grande-Bretagne et des États-Unis… des challenges au critère géographique donc!
Enfin je suis fière de réussir à garder ma PAL à un niveau constant… une petite trentaine de livres attendent que je les ouvre et que je voyage en leur sein!
(L’idée d’apposer le challenge correspondant aux côtés de chaque lecture me vient de George)
EDIT : au vu du « malentendu » je précise que ma présentation, je la fais ainsi depuis les débuts de mon blog... c'est juste la présentation des challenges qui diffère ce mois-ci!