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22 mars 2013

Biblio news

Petit tour dans ma librairie préférée (malgré ses délais trop longs pour les livres en anglais… mais ça c’est une autre histoire !) mercredi et je suis revenue, outre le 2e tome du Seigneur des Anneaux pour Hermione, le fameux 1Q84 de Murakami et En attendant la montée des eaux de Maryse Condé.

condé

Je dis « fameux » en désignant le Murakami car je l’ai vu passer sur pas mal de blogs l’an dernier et, comme souvent chez moi, j’évite, je vais même à contre-sens de ces succès littéraires que l’on voit partout. Donc me voici près de deux ans après sa première publication en train de le découvir grâce ou à cause de Natiora et de Cryssilda qui a disséminé sur facebook, il y a peu, nombre d’extraits aussi intrigants que fascinants du 3e tome.

Bref, après avoir lu les deux premiers chapitres en ligne (mais jamais je ne lirai de livres en entier sur écran, non, non et non !) j’ai su que je voulais en lire plus. J’aime déjà l’aptitude d’Aomamé de retenir, connaître, savoir tout en étant intuitive. Je me suis même reconnue un peu ici :

En matière d’histoire, elle aimait avant tout que les évènements soient bien reliés à une chronologie et à un lieu précis. Elle n’avait aucune difficulté à se souvenir des dates. Même quand elle ne l’avait pas apprise par cœur, la chronologie se dessinait automatiquement, du moment qu’elle avait saisi la cohésion d’ensemble des divers événements. Au collège et au lycée, Aomamé avait toujours les meilleurs notes de la classe aux contrôles d’histoire, et elle trouvait étrange qu’un élève ait du mal à retenir la succession des dates, alors que c’était si facile d(‘y parvenir. (pp.12-13)

Et puis comme me le laissaient penser les citations de Cryssilda, Murakami est un grand fou, certes, mais poétique :

La rectitude de son axe était perdue, le Temps filait dans tous les sens. Les tiroirs avaient été intervertis. (p.61)

Bref, voilà donc mes début murakamiesques…

Sinon, cette semaine j’ai gagné le roman (chez Leiloona) et les places de cinéma (chez George) de La Religieuse. Voilà qui est fort plaisant et qui va me permettre de découvrir un peu plus de Diderot et, encore une fois, d’être le témoin impuissant des horreurs subies par les femmes, ici au XVIIIe siècle.

Ah et puis j’ai commencé à regarder, grâce au billet de Perséphone qui m’en a donné l’envie, Little Dorrit, d’après Charles Dickens, de la BBC, of course ! J’en suis au 3e épisode (vu hier soir)… un délice !

Voilà pour les Biblio news de la semaine. Bon week-end à toutes et tous !

5 mars 2013

Nouvelle rubrique : « Qui verriez-vous pour jouer… ? ­­»

La question que je vous ai posé il y a quelques jours, pour mon concours, et le mini-débat entre blogueuses qui a suivi, m’ont donné une idée.
Je trouve intéressant et divertissant de voir quels acteurs nous envisagerions pour jouer le rôle de tel ou tel personnage.
Quand je lis un roman je n’ai pas une image claire de la représentation que je me fais des personnages mais, une fois la lecture terminée, pourquoi ne pas se laisser son imagination donner un visage plus « réel ­» à ces personnages.
Je commencerai aujourd’hui avec Home. Je dois admettre que j’ai été surprise quand je me suis rendue compte que parmi les dix romans écrits par Toni Morrison, seul Beloved, à ma connaissance, a été adapté au cinéma.
Alors, mon casting fictif pour un projet ciné pour le moment tout aussi hypothétique :
Frank = Michael Ealy
Cee = Sophie Okonedo s okonedo Sophie Okonedo ou Anika Noni Rose anika noni rose
Sarah = Queen Latifah
Lenore = CCH Pounder
Salem = Laurence Fishburne
Et pour ceux et celles qui ont lu ce roman, qui verriez-vous pour chaque personnage ?

10 juin 2012

Jane Austen et la BBC, une belle love story

Grace à l’« Été des sentiments » d’Arte nous allons baigner de juin à août dans l’univers austenien. Entre la BBC et la fameuse auteur britannique c’est une grande histoire d’amour, belle et qualitative !

Une histoire que j’ai découverte en 1998, dans la vidéothèque de ma fac, grâce à une amie encore plus anglophile et surtout janeite confirmée. Une révélation avec le seul, l’unique « Pride and Prejudice » BBC (1995).  Un coup de foudre absolu pour l’histoire en elle-même, l’ironie, les traits d’esprits, Jennifer Ehle et ce cher Colin que je découvrais alors… Depuis  cette mini série hautement qualitative est restée une référence pour moi… La revoir après près de 15 ans, que d’émotions : j’étais étudiante alors : sans enfants, avec beaucoup de temps pour lire, écumant les librairies, un certain magasin de cookies et me plongeant dans mes cours. Je l’ai revu ayant trouvé ma voie, de plus en plus d’expos, deux enfants, un mari, habitant dans une autre ville, avec peu de temps pour lire, écumant un peu moins les librairies et des magasins bio, me plongeant dans mes toiles… Quatorze ans…presque en un claquement de doigts! Mais Darcy et Lizzie, eux, identiques et un plaisir intact en les redécouvrant.

Les deux premiers épisodes ont été diffusés jeudi dernier, les quatre prochains, les 14 et 21 juin. Session de rattrapage sur Arte+7 (dispo 7 jours) et le premier épisode à voir sur ce site ou bien ici, sur mon blog, pour vous servir. D’autres mini séries et films seront à découvrir sur Arte.

25 mars 2012

Un livre /Un film – réponse énigme n° 27 :« Les oiseaux » de Daphné du Maurier

Je continue dans ma lancée d’hier en vous révélant donc la réponse, en donnant le nom des gagnantes et en republiant mon billet sur la nouvelle en question, paru il y a quelques semaines, à défaut d’avoir eu le temps d’écrire un billet sur le film comme je l’avais promis alors…  Le billet sur le film se trouve donc chez Wens.

Il s’agissait donc de trouver la nouvelle « Les oiseaux » du recueil Les Oiseaux écrit par Daphné du Maurier. Celle-ci a inspiré, à plusieurs reprises, Hitchcock qui a tiré de cette nouvelle son fameux film Les Oiseaux (Birds) dont le scénario a été écrit par Ed McBain sous le pseudonyme d’Evan Hunter.

Les hitchcockiennes de ce dimanche sont donc :

Aifelle, Claude, Zoé, Keisha,Miriam, Somaja et Dasola.

 

Et, hasard du calendrier, la proposition et l’énigme de Claudia et Wens coïncident avec le lancement cette semaine du challenge Hitchcock par Martine et moi-même…

Dans mon billet, un petit bonus sonore histoire de se mettre en condition… Bonne lecture !

******

les oiseaux[6] « Les oiseaux » (nouvelle de « Les Oiseaux ») – Daphne du Maurier

J’ai commencé vendredi soir un des livres que mon homme m’a offerts. C’est qu’il était sur ma LAL celui-là… en tant qu’admiratrice de l’oeuvre d’Hitchcock, forcément  je voulais découvrir les oeuvres de Daphne Du Maurier qui a inspiré le grand maître par trois fois !

Et puis il y a tant de bloggeuses qui en ont dit du bien que j’avais vraiment hâte de découvrir ce recueil. Car oui, « Les oiseaux » est une nouvelle, la première, du recueil Les Oiseaux. Je vous parlerai des autres nouvelles (pas encore terminées), en un billet je pense, plus tard.

Vendredi j’ai donc fait une pause dans un Wilkie Collins au rythme lent, dur pour moi qui suis épuisée en ce moment, et ai lu en deux « fois », sous la couette, cette nouvelle terrifiante.

Début années 1950. Nat vit avec sa femme et ses deux enfants dans un village de Cornouailles. Pendant la nuit, des oiseaux entrent dans la chambre de ses enfants, il se bat avec pour les chasser. Il ne comprend pas ce que faisaient ces oiseaux dans sa maison. Le froid arctique, rude, et le vent d’Est qui sont arrivés subitement ?

Au début, personne ne le croit. Puis à la radio sa femme entend que les attaques se produisent partout en Angleterre. Il se prépare à affronter l’assaut des volatiles de toutes espèces.

Daphne Du Maurier, en une quarantaine de pages, instille doucement puis de manière intense et oppressantes des éléments angoissants puis, à mesure qu’on avance dans la journée, de terreur et d’oppression.

Maîtresse de son récit, elle utilise le suspense à merveille, en donnant un court répits aux humains ( ceux qui sont assez observateurs et connaisseurs de la Nature), la marée basse et l’objectif d’attendre et d’atteindre les 7 heures du matin.

Les mouettes, en particulier, sont effroyables, elles m’ont fait pensé, en lisant ces lignes, je ne sais pourquoi, à la chevauchée des Walkyries.

C’est alors qu’il vit les mouettes, au loin, chevauchant la mer.

Ce qu’il avait pris tout d’abord pour les coiffes d’écume des vagues était des mouettes. Des centaines, des milliers, des dizaines de milliers… Elles montaient et descendaient avec l’onde, tête au vent, comme une flotte puissante à l’ancre attendant a marée.

(p.22)

Le rocher, découvert au milieu de la matinée, était invisible à présent, mais ce n’est pas la mer qui retenait son regard. Les mouettes s’étaient élevées (…) C’étaient les mouettes qui assombrissaient le ciel. Et elle se taisaient. L’on n’entendait pas un cri.

(p.27)

[Écoutez comme c’est charmant ces p’tites bêtes que j’ai mises en ligne pour vous…]

Mais, surtout, c’est l’idée d’une Angleterre (voire le monde entier ?) entièrement attaquée, envahie par les oiseaux qui est glaçante, terrifiante, apocalyptique même !

J’y ai perçu un traumatisme voire une critique de la guerre dont les populations ne comprennent que si peu les raisons, l’origine. Il faut rappeler que cette nouvelle a été écrite que sept ans après la fin de la deuxième guerre mondiale. Nat lui même s’y réfère ouvertement au début. Mais Du Maurier utilise clairement les termes militaires et de l’offensive pour qualifier les oiseaux qui sont en « mission », mène l’« assaut », Nat et son « état de siège», etc. Au début les fermiers pensent que ce sont les Russes qui ont empoisonné les oiseaux… spectres paranoïaques de la guerre froide également.

C’est également un récit de la révolte de la Nature contre l’être humain, lui-même envahisseur.

L’horreur absolue :

L’horloge de la cuisine sonna sept heures. Pas un son. Pas de carillon, pas de musique. Ils attendirent jusqu’au quart et cherchèrent un autre poste. Même résultat. Aucun bulletin de nouvelles n’était transmis.

(p.48)

Nat et sa petite famille sont là, tels les seuls rescapés d’une catastrophe dont ils ne connaissent ni l’origine ni la raison.

Les derniers mots sont terrifiants, glaçants.

Je vous laisse en bonne compagnie…  [il faut cliquer sur le lien mis en ligne par mes soins, pour vous mettre dans l’ambiance… à se passer en boucle pour se sentir comme Nat]

Très  très bientôt le billet sur le film qu’en a tiré Sir Alfred (la couverture du livre en est tiré), avec une perspective comparative, bien entendu ! (pas le temps malheureusement de l’écrire aujourd’hui…)

Dernière participation au Mois anglais et nouvel ajout à trois autres challenges dont le mien.

mois anglais Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie Challenge-anglais

Les Oiseaux – recueil de nouvelles – 1952

Le Livre de Poche – 348 pages – 2009

24 mars 2012

Un livre / Un film chez Sabbio le temps d’un week-end…

Aujourd’hui et demain mon Cannelier se fait le gardien de deux blogs que j’estime et dont on m’a confié les clés. En effet, Claudia et Wens séjournant ces jours-ci sous les cieux new-yorkais m’ont demandé de m’occuper de leur fameux « Un livre/Un film » dont j’adore le concept depuis la toute première heure !

film

Pour rappel, ainsi que l’exprime Claudia :

Wens de En effeuillant le chrysanthème et moi-même, nous vous proposons, le samedi, un jeu sous forme d'énigme qui unit nos deux passions : La littérature et le cinéma! Il s'intitule : Un livre, Un film.

Chez Wens vous devez trouver le film et le réalisateur, chez moi le livre et l'auteur.

L’énigme du jour se trouve donc ici et là mais c’est sur mon e-mail (duhautdemoncannelier (at) yahoo . fr)que vous devez m’envoyer la réponse, SURTOUT AUCUNE RÉPONSE DANS LES COMMENTAIRES, que ce soit chez Claudia, Wens ou ici mais vous pouvez écrire dans les commentaires de leurs blogs (ou ici) par contre pour dire si oui ou non vous avez la réponse, que vous l’avez envoyée par mail, partager si avez vu ou lu ces oeuvres, etc.

Demain je donnerai la réponse pour le livre (le film sera chez Wens) et communiquerai la liste des gagnants.

J’espère avoir été claire…. Bonne énigme à tous  !

17 avril 2011

Mini cycle cinéma italien et Luchino Visconti (3) – « Il Gattopardo »

«Il Gattopardo » (1963), le fameux « Guépard » de Luchino Visconti, est l’adaptation d’un roman de Giuseppe Tomasi prince de Lampedusa qui est paru un an après la mort de son auteur, en 1958. Un roman autobiographique reprenant des éléments de son enfance chers à son cœur (les deux magnifiques demeures du protagoniste, le voyage jusqu’à Donnafugata, le Guépard est l’arrière-grand-père de l’auteur).

Ce magnifique film nous conte un moment-clé de l’histoire de la Sicile, île natale de Lampedusa : le fameux Risorgimento, époque révolutionnaire de l’annexion et de l’unification des différents royaumes de la péninsule pour former l’Italie dans les années 1860.

Cette période de transition entre deux mondes, la révolution (débarquement mené par Garibaldi et ses célèbres camicie rosse, les chemises rouges), les combats et l’après plébiscite décidant de l’annexion, nous est montrée par le prisme du Prince Fabrizio di Salina. Le Guépard c’est lui, magnifiquement incarné par un Burt Lancaster royal, majestueux, séduisant et noble au sens premier du terme.

Ce prince clairvoyant, lucide, pressent qu’avec cette révolution plus rien ne sera pareil, que c’est la fin d’un monde et d’un ordre bien particuliers. C’est pour cela qu’il accepte l’union de son neveu et pupille, Tancredi (incarné par un Alain Delon à qui le personnage, opportuniste et imbu de lui-même, sied à merveille) avec Angelica, la fille du maire de Donnafugata (village dans laquelle la famille Salina possède une magnifique demeure) bien que celui-ci soit garibaldien. Le Prince ne lutte donc pas contre le changement…

Quant à Tancredi, il énonce à son oncle une phrase terrible « Se vogliamo che tutto rimanga com’è, bisogna che tutto cambi » (« Si nous voulons que tout reste tel quel, il faut que tout change ») dans l’espoir qu’ils évitent la République, qu’ils conservent leur position et, surtout, leurs privilèges. Tancredi représente très bien l’opportunisme politique de cette époque relatée et dénoncée par Lampedusa. De plus, cette époque a aussi vu les votes truqués. Ainsi le maire, Don Calogero, père d’Angelica annonce-t-il un «OUI » unanime en faveur de l’annexion or Tumeo (Serge Reggiani) avoue au Prince avoir voté contre.

La figure du père Pirrone est intéressante aussi car c’est le trait d’union entre les paysans et la noblesse. La scène dans l’auberge où il explique aux paysans le point de vue du Prince sur tout les événements politiques est très éclairante.

Quant au personnage d’Angelica il est important car c’est la fille d’un maire républicain ; elle représente donc l’entrée du nouveau monde dans cette vieille famille noble (par l’union avec Tancredi). De plus, contrairement à toutes les autres femmes, dévotes, réservées,elle est plus spontanée : le rire de Claudia Cardinale suite au récit de Tancredi, jugé choquant par certaines, marque vraiment sa place de jeune femme libre.

Enfin, Visconti nous montre une Sicile encore sauvage, parfois même inhospitalière, comme à l’arrivée au village aride de Donnafugata. Dans cette scène magnifique, presqu’effrayante, Visconti traduit avec talent le caractère figé, dépassé, poussiéreux de la famille Salina qui arrive dan un village déjà dominé par les idées neuves.

Et puis la grande scène du bal! Le symbole, la conclusion de cette transition, la vraie fin de cette époque! On perçoit le malaise grandissant, même physique, du Prince. On pressent la mort symbolique de la noblesse et celle, véritable celle-ci, du Prince qui se signe d’ailleurs au passage d’un religieux alors qu’il rentre à pied chez lui, à l’aube.

Le guépard majestueux, qui décline après un dernier moment de grâce (il retrouve toute son énergie féline lors d’une danse avec Angelica), m’émeut profondément. Ce grand homme qui est las, qui sait que tout est derrière lui, habité par la mélancolie, a quelque chose d’infiniment triste. Cette scène mythique est d’ailleurs très longue, comme pour repousser un peu plus l’inévitable, pour profiter jusqu’au bout de ce qui est voué à disparaître.

 

Un film sur les passages de la vie, la mort, l’existence des hommes, d’une classe, d’un monde. Une œuvre cinématographique (Palme d’or de 1963) qui me donne très envie d’en lire un peu plus sur Lampedusa  (qui est l’homme nostalgique derrière ce roman?) et aussi de lire ce grand roman.

Et voilà que j’honore giro in Italia et back to the past .

10 avril 2011

Pêle-mêle

Parce que j’ai plein de petites choses dont j’ai envie de vous faire part je publie aujourd’hui un billet « pêle-mêle »… oui ça ressemble aux liens du samedi de Marion ou au blablatage de Céline mais non cela reste exceptionnel et tombe aujourd’hui parce que les informations mêmes sont très récentes!

Alors tout d’abord un grand, très grand cinéaste est mort : Sidney Lumet! Un réalisateur humaniste montrant, souvent et avec talent, le destin d’un homme contre l’injustice.

Que j’ai aimé ses films révélant le talent d’un jeune Al Pacino à la grande époque (« Serpico » et « Un après-midi de chien »), « Network » et sa critique bien en avance sur son temps de la course à l’audimat et le monde sans âme des chaînes télévisées  ainsi que son dernier film « 7h58 ce samedi-là », d’une ironie de situation terrible! J’ai donc très envie d’en revoir certains et d’en découvrir d’autres, un cinéma américain comme je l’aime, surtout dans sa période 70s, un cinéma dénonciateur et critique! Bref, envie d’un hommage personnel à ce réalisateur…

serpico

Sinon, en fin de semaine, j’ai encore succombé à deux challenges qui avaient vraiment tout pour me séduire!

Le challenge de Maggie et Lou tombe à point nommé car entre ma Correspondance et mes lectures et visionnages du moment je baigne littéralement et joyeusement dans les époques de costumes… Vu mes affinités naturelles j’ai bien sûr opté pour la « Tea cup special offer » qui consiste à regarder et chroniquer au moins dix séries ou films à costumes britanniques (les fameux « period dramas »).

back to the pasttea cup

Et puis le challenge de Will qui, forcément pour une cinéphile doublée d’une blibliophile, était l’évidence même. Il s’agit de lire, pour l’option que j’ai choisie « Meilleure actrice » au moins dix œuvres ayant donné lieu à une adaptation cinématographique!

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

J’ai déjà commencé à honorer ces deux challenges avec Emma! N’hésitez pas à vous y inscrire, plus d’informations en cliquant sur tous ces beaux logos.

Enfin, miss Leiloona nous propose un nouveau rendez-vous mensuel. IL s’agit de faire part de la sortie de nos coups de cœur en poche. Je trouve que c’est une bonne idée et que cela ne répète pas les propos des blogs spécialisés dans les sorties poche tels celui d’Anne. Non, là il s’agit de vous aider à épargner votre bourse tout en lisant ce qui aura été un de mes coups de cœur! En plus son logo m’a aussi plu que l’idée donc j’en suis!

sorties poche

Ainsi, le mois dernier j’aurais pu vous signaler la sortie en poche de Tom petit Tom tout petit homme Tom de Barbara Constantine, découvert et lu justement grâce à Leiloona! (la boucle est donc bouclée ^^)

tom J’écrivais alors : « L’écriture est originale, des phrases très courtes au sein de chapitres tout aussi brefs, des sonorités dont l’auteur raffole (« Tom, petit homme » mais aussi « tintinnabuler » qui revient à plusieurs reprises) et deux chapitres qui nous placent dans la tête des animaux rencontrés par Tom… je n’avais jusqu’alors jamais eu l’opportunité de connaître les rêves d’un chien ! »

Sur ce, bonne fin de dimanche ensoleillé!

8 avril 2011

« Emma » – Jane Austen

emmablog2 Enfin j’ai terminé (il y a quelques jours) la lecture de ce roman initialement prévu pour une lecture commune le 8 mars!
Highbury, années 1810. Emma Woodhouse est une jeune femme de vingt-et-un ans qui a tout pour elle,  « handsome, clever and rich » (belle, intelligente et riche)(p.5) et qui a connu très peu de contrariétés dans sa vie d’autant que son père et sa gouvernante, Mrs Weston (née Miss Taylor) l’ont souvent laissé faire selon ses envies. Régnant presque sur la petite communauté codifiée de Highbury elle se réjouit, dans les premières pages, d’avoir été à l’origine du mariage de sa chère miss Taylor avec Mr Weston. Ainsi, pensant être douée pour arranger des unions, elle trouve ses prochaines « cibles » en Mr Elton et Harriet Smith, une jeune femme innocente et naïve qu’Emma a pris sous son aile, se sentant seule après le départ de sa gouvernante. Autour de ce petit monde gravitent Mr Knightley, ami de longue date de la famille, le seul à taquiner voire à critiquer Emma et les femmes Bates, mère et fille. Puis, la narration est relancée quand Jane Fairfax revient chez sa grand-mère et sa tante (les Bates) et que Franck Churchill vient rendre visite à son père et sa belle-mère, Mr et Mrs Weston.
Emma et son talent autoproclamé iront, au fil du roman, de surprises en déconvenues.
J’ai retrouvé, avec ce roman, Jane Austen après plus de dix ans sans lire un seul de ses livres! Ma découverte de son univers s’est faite lors d’une séance de cinéma avec la classe d’anglais, au collège, pour « Sense and Sensibility ». J’avais vraiment beaucoup aimé! Puis, deux-trois ans après, une amie et moi nous sommes plongées dans Pride and Prejudice, le livre et, surtout, le visionnage de la version de la BBC (oui la fameuse avec cette adorable Jennifer Ehle et, surtout, le grand Colin!)… de nombreux fous rires à deux, surtout en raison de Mrs Bennett!
Pour en revenir à ma lecture, en version originale d’où un rythme un peu plus lent, j’ai eu plaisir à retrouver l’univers austenien de cette époque et j’ai beaucoup aimé Emma malgré ses défauts. Parfois elle se laisse aller à des préjugés, notamment à l’égard de Jane Fairfax qui, pourtant, lors de sa première description (pp.125-126), m’a beaucoup plue. Elle est aussi méprisante enversr Harriet et les fermiers! «… with Mr Martin again without perceiving him to be a very inferior creature » (p.26)Tout cela m’a fortement déplu, il est vrai.
Mais, comme un certain George Knightley j’ai trouvé ses qualités plaisantes et touchantes! Ainsi, lors d’un pique-nique Emma blesse, par ses mots, miss Bates qui n’est ni « young, handmsome, rich nor married » (jeune, belle, riche ou mariée) (p.17) et qui a « no intellectual superiority » (aucune supériorité intellectuelle) (p.17) mais que tout le monde apprécie. Suite à cet épisode et aux remontrances de Mr Knightley, elle réalise et se repent sincèrement de l’humiliation qu’elle a provoquée! De plus elle est très attentionnée avec ses amis ainsi qu’avec les « nécessiteux » de Highbury.
Un autre personnage doté de ces deux dernières qualités est George Knightley (son nom faisant d’ailleurs référence au « chevalier »… tel un chevalier servant?)qui m’a vraiment beaucoup plu. Clairvoyant, franc et honnête, il est le seul à parler sans détours  à Emma, à la remettre à sa place quand il le faut.
I must, I will, — I will tell you truths while I can, satisfied with proving  myself your friend by very faithful counsel… (p.284)
De plus il est attentionné et généreux (avec les femmes Bates qui ont peu d’argent) ainsi qu’avec Harriet lors d’une scène humiliante de bal.
Au fil des chapitres j’ai perçu que Knightley et Emma flirtaient parfois. Eet puis on peut dénoter à, plusieurs reprises que, étrangement, il s’énerve dès qu’Emma parle de Franck Churchill quand celle-ci s’emporte quand Mrs Weston ose suggérer que Knightley pourrait être intéressé par Jane Fairfax!
Nonsense! He does not care about Jane Fairfax. (p.170)
Mrs Elton est également un personnage très austenien, de ceux qu’on se plaît à détester.  Elle m’a insupporté d’emblée, comme elle a insupporté Emma. Méprisante, hautaine, égocentrique et vulgaire, elle arrive à Highbury comme une conquérante et apprécierait que tout ce petit monde tourne désormais autour d’elle, dépende d’elle et de ses entrées dans la haute société extérieure à Highbury :
It would be a charming introduction for you, who have lived so secluded a life ; and I could immediately secure you some of the best society in the place. (p.207)
Enfin, Mr Woodhouse m’a fait rire à plusieurs reprises car, hypocondriaque, de mauvaise foi et égoïste, il est le pendant positif de Mr Fairlie inventé par Wilkie Collins. Ainsi il refuse de nommer Mrs Weston par son nom de femme mariée et il dit toujours d’elle « poor miss Taylor » comme si le mariage était une malédiction alors que, tout simplement, elle lui manque.
Il y aurait tant d’autres choses à écrire sur ce roman, comme sur toutes les œuvres de Jane Austen souvent perçues, au mieux, comme « légères », au pire comme « sans intérêt ou à l’eau de rose »… Je ne suis pas d’accord avec ces jugements hâtifs ; derrière une légèreté apparente propre à ce roman, plus qu’à d’autres, il y a, comme toujours chez cet auteur, un véritable témoignage de la condition des femmes de cette époque! Et puis il y a même des considérations politiques comme quand Jane Austen évoque l’horreur de l’esclavage par le discours que tient Jane Fairfax à l’insupportable Mrs Elton en parlant de « Offices for the sale — not quite of human flesh — but of human intellect.» (p.227) comparant ainsi l’esclavage et le “« marché » des gouvernantes. En effet, Jane Fairfax a été élevée dans une famille riche, les Campbell, mais n’ayant pas elle-même d’héritage devra soit se marier avec un homme riche soit travailler pour s’assurer un avenir décent. Nous en revenons donc à la condition féminine, les femmes étant presque toujours dépendantes du bon vouloir d’un homme pour avoir une existence qui leur convienne. Toutes sauf Emma, une héroïne austenienne atypique qui n’a aucun besoin d’argent et qui choisit donc le mariage d’amour sans aucune autre considération, si ce n’est le bien-être de son père.
emma7b
Par contre, j’ai une réserve quant à l’usage que Jane Austen a fait des préjugés et peurs liés aux gitans. Ainsi, elle s’en sert comme d’un ressort dramatique pour relancer le récit et perturber la société confortable de Highbury. De plus, parfois, j’ai trouvé des passages un peu trop lents, à moins qu’ils n’aient été longs.
Malgré ces petits bémols, Emma a été une lecture qui m’a fait du bien et m’a donné envie d’aller faire un tour dans les vertes prairies vallonnées d’Angleterre. De plus elle m’a mise dans l’ambiance de ma correspondance.
Emma – Jane Austen
Penguin Popular Classics– 367 pages – 1994
Les superbes illustrations ajoutées à ce billet apparaissent dans l’ouvrage complet sur Jane Austen, Jane Austen 8 Books in One. Si une bonne fée ou un charmant génie passe par là…
Vous pouvez retrouver de nombreux billets sur ce roman, notamment chez Alice (cela va de soi!), Lou, Nane, Maggie, Lili Galipette, Irrégulière que je n’ai pas encore lus puisqu’ayant fini ma lecture du roman il y a peu.
Et ce roman est un « catalyseur de challenges » ^^ puisqu’il me permet d’honorer :
Challenge Jane Austen 1 Challenge-anglais avec l’option Queen mom et aussi le challenge Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie
EDIT : et aussi le challenge d'Alice 

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Pour parfaire mon plaisir j’ai regardé, mercredi soir le Emma de 1996, réalisé par Douglas McGrath avec Gwyneth Paltrow dans le rôle-titre.
Ce long-métrage qui est, pour moi, la version la plus connue, me laisse perplexe. Dans l’ensemble, j’ai apprécié d’autant qu’il respecte en grande partie le déroulement du roman et qu’il en explicite voire accentue les ressorts comiques ou tragiques. Ainsi, la scène où Mr Elton tapote à plusieurs reprises l’épaule d’Emma m’a fait sourire, ainsi que celle où Emma, Mr et Mrs Elton, leur tasse de thé à la main, n’ont rien à se dire. Il en est de même pour la scène où Emma blesse Miss Bates (très touchante) et pour celle où Harriet est attaquée par les gitans, beaucoup plus oppressante et violente que dans le roman!
Emma and Harriet
J’ai également apprécié la présentation des génériques, ces petits portraits des personnages et des propriétés, original et utile pour savoir qui est qui. Il en est de même pour les dialogues qui se répondent, traversent plusieurs scènes.
Enfin, j’ai apprécié l’inventivité des procédés comme le dialogue final de Mrs Elton à la caméra. D’ailleurs, elle est très bien interprétée par Juliet Stevenson (que je ne connaissais pas). De plus, Mr Knightley est tout simplement charmant, à l’image de celui du roman et Emma est plaisante. Quant à miss Bates, elle apparaît bien plus sotte et bavarde que dans le roman.
Pourtant, certains passages m’ont semblé ennuyeux, ou plutôt sans substance, trop léger peut-être d’autant que les considérations sur la femme ou la réflexion de Jane sur les gouvernantes ont été gommées!
De plus, le choix de certains acteurs ne m’a pas convaincu : EwanMc Gregor est très bien mais sa coiffure! Ah non! Et Jane Fairfax, incarnée par une actrice très belle (comme est supposé l’être son personnage), Polly Walker (la vénéneuse matriarche dans « Rome ») est bien trop âgée. Emma et elle sont censées avoir vingt-et-un ans, or cette actrice fait bien plus! Il en est de même pour Harriet Smith qui est censé avoir dix-sept ans! J’aime beaucoup, j’adore même le travail de Toni Collette mais là je trouve qu’elle n’a pas l’âge de son personnage bien qu’elle l’interprète à merveille!
Jane and Franck
Enfin, la fin est précipitée, il n’y a pas toutes les nuances liées à Harriet et au père d’Emma (peu présent d’ailleurs), c’est dommage.
Malgré tout j’ai passé deux heures agréables mais, en raison de mon expérience transcendante du « P&P » 1995 version BBC ( qu’il faut d’ailleurs que je m’offre pour les revoir), je me dois de conclure que, décidément, seule la BBC peut honorer l’univers austenien avec maestria!
Et voilà que je commence à honorer tea cup ainsi que, bien sûr, Challenge Jane Austen
EDIT : Et aussi le challenge d'Alice