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13 janvier 2012

« La malédiction Shakespeare » – Anne Ferrier et Régine Joséphine


L’Âme du monde est une vibration, une ondulation sacrée sur la surface immatérielle de l’univers.
(prologue)
Garde-toi, bon ami, pour l’amour de Jésus,
De fouiller la poussière renfermée ici,
Béni soit celui qui épargne ces pierres
Et maudit celui qui dérange mes os.
(vrai texte de la malédiction, p. 45)
M. et Mme Trotter, océanographes, doivent partir précipitamment pour une mission en Terre Adélie. Le problème c’est que leurs deux enfants, Victor, onze ans et Albane, ado gothique et irascible, sont en vacances d’été. Vite, ils sont expédiés chez leur tante Agatha, ou plutôt « Tatagatha » comme ils la surnomment, pas enchantée pour un sou et qui doit aller couvrir le festival Shakespeare dans son fief, Stratford-upon-Avon, pour son travail.
Hop, voilà les enfants Trotter en Angleterre. Un vol à la tire plus tard ils se trouvent en présence de la sépulture de Shakespeare. Albane, fascinée par la mort et l’étrange, ne se fie pas à la malédiction (qui est vraiment inscrite sur la sépulture du grand homme de lettres anglais) et dérobe un petit rouleau contenant des feuillets écrits de la main de ce cher William. Et là, c’est le début de la fin sur fond de Macbeth. Malédiction !!!
la malédiction gravée sur la tombe de Shakespeare
Le premier tome des Chroniques étranges des enfants Trotter est très bien mené ! Je l’ai d’ailleurs dévoré en 24 heures ! Une belle entrée en matière (premier phrase du prologue au tout début de ce billet), un mystère savamment instillé, des rapports frère/soeur très réaliste et une écriture délicieuse et riche, un vocabulaire qui ne fera pas de mal aux jeunes lecteurs, bien au contraire.
Mais ce n’est pas tout. J’ai beaucoup aimé le double point de vue narratif, certains passages étant narrés du point de vue du voleur psychopathe, ce qui ajoute de la noirceur et du suspense au récit qui parfois fait presque froid dans le dos. J’ai également apprécié l’incursion vivante de la pièce Macbeth (qui aurait eu une version plus noire, allégation qui m’a également plue !) dont on trouve des répliques tout au long du roman… une riche idée des deux auteurs pour familiariser et donner envie aux enfants et ado de découvrir Shakespeare.
Quant à l’épilogue, il laisse présager une très belle série, avec un villain digne des James Bond et Indiana Jones… mwahahaha !
Ce roman entre dans le cadre du « mois anglais » mois anglais , mais si, mais si, les auteurs ont beau être françaises, cela se passe en Angleterre ! Et je remercie les éditions Oskar pour l’envoi de ce roman.
logo billet Sabbio & safille
Le billet de ma fille :
C’est un roman dans lequel la grande sœur s’appelle Albane, l’autre enfant s’appelle Victor et leurs parents partent en les laissant chez Tatagatha, leur tante.
Après leur tante les emmène en Angleterre puis les enfants vont acheter à manger mais au lieu de ça ils vont dans une église et ils voient la tombe de Shakespeare et Albane prend les parchemins qui étaient dans la tombe.
J’ai pensé que c’était bien, l’histoire, car j’aime bien les histoires qui ont des mystères et par contre je n’ai pas trop aimé quand Albane devenait un peu folle, parce que ça me mettait mal à l’aise.
Cette histoire m’a fait apprendre des choses sur Shakespeare qui faisait des poèmes et des pièces de théâtre.

La Malédiction Shakespeare – Anne Ferrier & Régine Joséphine
Oskar éditeur - 125 pages – 2011

28 août 2011

« Le gentil petit diable et autres contes de la rue Broca » – Pierre Gripari

Voilà que je reprends enfin les billets littéraires à proprement parler ! J’ai fini il y a un peu moins d’une heure un roman pour adolescents à trois mains savoureux mais, avant de vous en parler, huit autres billets, certains en attente depuis juin, doivent être rédigés ! Aujourd’hui, le premier…

La rue Broca, une rue dont l’évocation, aux côtés de la rue Mouffetard (nom qui me plaît tout autant) dans un titre, m’a toujours plue, attirée même. Malheureusement j’ai dû y venir bien trop tard ! J’ai offert l’an dernier La sorcière de la rue Mouffetard et autres contes de la rue Broca à ma fille l’an dernier. Puis cette suite que j’ai lue très vite. Une envie de légèreté, d’enfance, de brièveté.

Un narrateur qui raconte une succession de contes, des êtres magiques, des pommes de terre qui parlent, un prince amoureux d’une sirène, un cochon mangeur d’étoiles… des éléments qui auraient pu me plaire.

Parfois des évocations très justes, la critique du jugement hâtif et des apparences, oui, de bonnes valeurs, un comique d’opposition (notamment dans le premier conte qui, pendant les premières pages, est très fin) certes mais… cela n’a pas suffi. Une lassitude, un agacement même au fur et à mesure que les pages se tournaient ! Oui parce qu’à quasiment chaque conte on a droit à des évocations religieuses somme toutes gratuites et, pour certains autres, aucune sympathie pour les personnages et un égarement : quel est le propos ?

Peut-être que le conte du « Petit cochon futé » sera ma préférée, une incursion dans le réel, un lien avec le papa Saïd de la rue Mouffetard, une fin humoristique avec un vrai propos !

— Tu as vu un petit cochon, toi ? demanda Malika à Rachida.

— Moi? Oh non! répondit Rachida. Et toi ? Tu en as vu un, de petit cochon ?

— Non, moi non plus. Pas de petit cochon…

— Vraiment ! dit le soleil. Vous êtes sûres ? Un petit cochon tout vert, qui était poursuivi par un vieux monsieur avec une jambe de bois ?

— Ce n’est pas vrai ! dit Malika avec indignation. Il était rose !

(p.105)

Bref, Gripari ne repassera pas par moi!

Une lecture partagée avec ma fille logo billet& safille

Le billet de ma fille :

C’est l’histoire d’ un diable qui veut devenir gentil et ses parents ne veulent pas et il se retrouve chez les hommes. Il demande à un pape comment faire pour devenir gentil. Il lui répond de chanter une chanson qui amène au ciel et le père du petit Jésus accueille le petit diable et lui dit qu’il doit faire plusieurs examens.

Il ya aussi une histoire de prince amoureux d’une sirène, d’un cochon de dieu qui mange une étoile et d’une famille de trois frères, l’un des trois s’appelle l’idiot.

C’était un livre très bien parce qu’il était un peu long et parce que j’aime bien les livres de Pierre Gripari car c’est un peu comme des histoires pressées, des histoires courtes.

Le gentil petit diable et autres contes de la rue Broca – Pierre Gripari (1967)

Gallimard jeunesse, collection Folio junior – 144 pages - 2007

18 août 2011

Bilan de juin… en août!

Comme promis, enfin, je reprends mes billets. Voici déjà le bilan de mon mois de juin, concernant des lectures parmi lesquelles certaines sont encore en attente de billet.

  Challenge-anglais mois écosse logo LC

 la colline de l'ange mois cubain coup de coeur

  (billet à venir) logo billet Sabbio &  safille 

(billet à venir)   LC logo-lar coup de coeur

          (billet à venir) LogoUneAnneeEnRussie

En juin j’ai lu 5 livres qui représentent 778 pages… Parmi toutes ces pages (dont une relecture savoureuse) se sont cachés 2 coups de cœur!

J’ai partagé 2 lectures communes mais ai aussi lu 1 livre en même temps que ma fille, « le billet de Sabbio et sa fille » arrivera donc sous peu.

Côté challenges je me suis réellement calmée et, si je ne me trompe pas, je ne me suis inscrite à aucun d’entre eux en juin.

Enfin, pour ce qui est de ma PAL, n’a augmenté en juin que de 4 livres de plus, cela s’est donc presque stabilisé!

2 juin 2011

« Ma sœur est une sorcière » – Les mondes de Chrestomanci tome 1 – Diana Wynne Jones

ma soeur est Eric, surnommé Chat, et sa soeur, Gwendoline, jeune sorcière apparemment douée, deviennent orphelins. Il vont d’abord vivre chez Mme Sharp qui permet à l’ambitieuse Gwendoline de prendre des cours de magie. Puis les deux orphelins Arcand emménagement chez un certain Chrestomanci qui avait entretenu, à plusieurs reprises, une correspondance avec leur père. Avant leur départ Miss Larkins, une voyante, fait une troublante prédiction à Chat.

Dès leur arrivée au château de Chrestomanci, les deux enfants ont une impression étrange et Gwendoline, qui avait hâte de mener la grande vie et de faire l’objet de toutes les attentions en raison de son talent, est déçue ; elle n’en devient que plus pénible, détestable même!

S’ensuit alors une série de confrontations entre la petite fille et Chrestomanci, sous l’œil anxieux de Chat.

J’ai découvert ce roman et son auteur, Diana Wynne Jones, grâce à un billet de Céline, paru à l’occasion du décès de cet auteur jeunesse qui assista, pendant ses années d’université, à une conférence de Tolkien et de C.S. Lewis. De plus, une des ses œuvres, Le château de Hurle, a été adaptée à l’écran par Miyazaki. Voilà deux faits qui me laissaient espérer beaucoup. Sur l’invitation de Céline j’ai donc décidé de lire, accompagnée de ma fille, les séries des Mondes de Chrestomanci, en hommage à leur auteur.

Après un début déroutant, notamment en raison de la méchanceté et l’antipathie suscitées par Gwendoline, les premiers mystères font leur apparition, bien vite. De plus, une impression étrange, comme si Chat était le réel héros de l’histoire, survient quand l’auteur nous affirme que :

« C’est donc ainsi que survint le second grand changement dans la vie de Chat. Et son avenir lui sembla soudain terriblement lugubre. » (p.38)

Le mystère s’épaissit à mesure que les enfants vivent dans le château ; Diana Wynne Jones sait intriguer, poser le mystère, inquiéter même! Outre cette dimension son récit est empli d’humour, il est même comique parfois :

— Hé, vous! Venez ici tout de suite!

Chrestomanci leva vers elle un visage étonné.

— Quelqu’un se permet d’ouvrir mon courrier, cria Gwendoline. Je me moque de savoir qui, mais s’il croit que ça va se passer comme ça, il se met le doigt dans l’oeil!

— Dans l’œil, ou dans ton courrier, il faudrait savoir…

— Il se fait des illusions! s’impatienta Gwendoline. À l’avenir j’exige que mes lettres m’arrivent fermées!

— Tu veux dire qu’il faudra les ouvrir à la vapeur et les recoller ensuite? dit Chrestomanci avec hésitation. Ce n’est pas très pratique, mais enfin, si ça peut te faire plaisir…

(p.101)

Je me suis attachée à certains personnages ( j’ai beaucoup aimé M. Saunders) et de temps à autres de belles images m’ont enchantées :

« Son estomac, repu de confiture ensorcelée, opéra une plongée étonnamment rapide vers les oubliettes du château » (p.190)

Je dois cependant avouer que j’ai dû attendre la moitié du roman pour vraiment être happée par cet univers. Diana Wynne Jones relance alors  l’intrigue avec l’arrivée d’un nouveau personnage et de grandes trouvailles créatives que j’ai adorées. Bref, dès cet instant le récit a trouvé tout son intérêt et le personnage de Chat a pris toute son ampleur, jusqu’au final beau et réussi. Ah et ce Chrestomanci, touchant, beau, raffiné et magnifique, notamment à la fin… un délice! Beau contrepoint à la cruauté de Gwendoline, un vrai monstre.

Je dois dire que j’ai désormais hâte de lire les autres romans de la série, en espérant y retrouver Chat. Je pense que Diana Wynne Jones a inspiré de nombreux auteurs, dont J.K. Rowling, que ce soit par rapport aux scènes finales grandioses, (les confrontations entre le(s) héros et leurs ennemis) ou le concept d’horcruxes.

Une lecture partagée avec Céline  et ma fille logo billet S&safille, un très grand plaisir à poursuivre!

Le billet de ma fille : (attention, spoilers dans les premières lignes! ^^’)

Deux orphelins vont voir Mme Sharp, la grande sœur se nomme Gwendoline et l’autre Chat ou Eric Arcand.

Gwendoline écrit une lettre à Chrestomanci qui les emmène (les enfants) chez lui. Chrestomanci et ses enfants sont aussi de la famille Arcand.

Gwendoline part dans un nouveau monde et Chat fait la connaissance d’une fille qui s’appelle Janet Arcand.

J’ai bien aimé ce libre parce que c’étaient de belles aventures, le livre était long et parce que Chat et Janet sont rigolos dans cette histoire.

Il y a un moment que je n’ai pas trop aimé : quand Gwendoline fait grossir de petits animaux et quand on sait qu’elle prend les vies de son frère.

DianaWynneJonesChallenge-anglais 

Ma soeur est une sorcière – Diana Wynne Jones (1977)

Gallimard jeunesse, collection Folio junior – 299 pages - 2007

1 juin 2011

Bilan de mai

Et bien voilà de nouveau un mois très calme côté lectures (proportionnellement inverse au travail) : un peu de frustration donc pour mon moi-lectrice!
Challenge-anglais logonaturewriting1
logo billet S&safille
logo challenge La nouvelle
mois cubain logo challenge La nouvelle
(billet à venir) hommage DianaWynneJones logo billet S&safille  LC Challenge-anglais
En mai j’ai donc lu 5 livres plus 2 poèmes (de Nicolás Guillén). Cela représente 713 pages et, pour la première fois depuis l’ouverture de blog, aucun coup de cœur! Malgré tout, je ne suis pas mécontente puisque ces découvertes ont toutes été bonnes, voire très bonnes!
J’ai partagé 1 lecture commune (billet à venir demain) mais ai aussi créé « Les billets de Sabbio et sa fille » (qui a déjà connu 2 billets ce mois-ci) ainsi que la rubrique « Les livres dans tous leurs états».
Côté challenges mon trouble obsessionnel se calme enfin puisque je n’en ai honoré que 3 et ne me suis inscrite à aucun de tout le mois! En première place le challenge du mois cubain, qui a débuté il y a 2 semaines et auquel j’ai contribué avec 5 billets. Il me reste encore 2 belles semaines pour découvrir la littérature cubaine!
mois cubain
Par contre j’ai reçu et présenté 1 album en service presse.
Un nouveau film a été chroniqué à l’ombre de l’arbre de mon cœur. the burning plain
Enfin, pour ce qui est de ma PAL, elle a pris non pas 16 kilos mais 16 livres soit un poids livresque de 68… hum hum ^^’

8 mai 2011

«À quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin » – Piquet et Martinière

Voici un album qui répond à la question philosophique toujours curieuse, parfois angoissée, que se posent ou que posent à leur famille les enfants : quelle est la finalité de la vie?

La petite fille qui pose cette question au tout début de l’histoire fait le tour de son entourage (parents, petite sœur nourrisson, cousin, meilleure amie…) et chacun lui présente des raisons belles, amusantes, légères ou profondes de vivre.

Des réponses qui lui révèlent donc toutes les belles choses qui se présentent au cours d’une vie.

J’ai apprécié les raisons présentées selon les diverses personnalités, une des plus belles est énoncée par la mère qui répète « faire un câlin » à trois reprises mais aussi « plonger dans une vague ». Et puis le « construire un monde nouveau » de la tante de la fillette.

Un album utile et positif pour rappeler à tous (pas seulement aux enfants) les magnifiques occasions précieuses qui s’offrent à nous et qu’il est bon d’apprécier et de savourer.

Le billet de ma fille :

C’est une petite fille qui demande « À quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin » et tous les gens de sa famille et ses copains lui donnent des réponses.

J’ai beaucoup aimé ce livre parce qu’il est bien écrit, il y a aussi de belles illustrations et c’est très intéressant car à la fin on nous demande à quoi sert la vie. Pour tout ça j’ai bien aimé.

Quand on voit le monsieur avec ses gros muscles qui ne parle que de ses muscles c’est très amusant mais j’ai surtout aimé chercher la petite fille sur chaque page et que la vie sert à « construire un monde nouveau » et à « faire des enfants qui font des petits-enfants… » .

Merci à Cécile des qui m’a envoyé cet album!

À quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin – Emmanuelle Picquet et Julien Martinière

Éditions Sarbacane – 04 mai 2011

7 mai 2011

Un nouveau rendez-vous sur mon Cannelier

De temps en temps, le week-end, je rédigerai un billet à quatre mains : avec mon avis sur un album ou un roman et… celui de ma fille!

Ma petite (ou ma grande, tout dépend des jours) a presque huit ans et est une dévoreuse de livres depuis ses 5-6 ans (toute seule car elle les dévore avec moi depuis ses premiers livres de bébé). Elle est fan de Roald Dahl : son premier roman lu tout seule il  y a deux ans était Matilda ; depuis, de nombreux livres de cet auteur ont grossi les rangs de sa bibliothèque! Sans compter tous les autres auteurs découverts… Elle a une petite PAL à côté de son lit et dévore au moins deux romans par semaine. Voilà pour la petite présentation de ma « co-billettiste » ^^

Cette idée de partager avec elle des lectures m’est venue il y a deux-trois mois, très imprécise, quand j’ai découvert un auteur qui écrit des romans pour les  adultes mais aussi pour les enfants !

Puis, l’idée d’un autre blogueuse de rendre hommage à un auteur jeunesse, qui allait assurément plaire à ma fille, m’a donné envie de concrétiser tour cela. J’en ai parlé à ma belle qui en a aussi très envie! Du coup cet hommage se fera à trois et non à deux… ma partner in crime à l’origine de l’hommage est ravie de cette idée également!

Premier billet, sur un album, demain!