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5 février 2012

« L’invité » – Roald Dahl

Ou « De la difficulté d’écrire des billets longtemps après la lecture d’un livre »…

Je suis en pleine préparation d’exposition mais vais essayer, de ci de là de vous livrer quelques billets que j’espère aussi complets que possible car portant sur des livres lus il y a quelques semaines voire quelques mois, hum…

Donc là je vous parle d’un texte, une longue nouvelle, lu en août. Je revois, avec mon petit, dans le bus, lisant ce court texte du grand Roald Dahl !

Le narrateur, ayant vécu enfant au Pays de Galles et d’origine norvégienne (comme l’auteur) reçoit une malle contenant les mémoires en 28 volumes de son grand-oncle, Oswald Hendryks Cornelius, récemment décédé.

Vingt-huit volumes d’exactement trois cents pages chacun, cela en fait de la lecture, et rares sont ma foi les auteurs capables de tenir leurs lecteurs en haleine sur cette distance. Oswald, lui, le pouvait.

(p.13)

C’est que cet Oswald est un homme incroyable : séducteur invétéré, adepte des cravates en soie d’araignée qu’il récolte lui-même, grand aventurier un brin maniaque et très cultivé!

Le narrateur décide donc d’offrir au regard du lecteur certains volumes, moins sulfureux que d’autres (les protagonistes étant pour certains encore vivants, il lui eût été impossible de nous les faire lire!)… un procédé qui m’a beaucoup plu!

L’épisode que nous lisons donc est celui du Sinaï (1946) est il est sa-vou-reux! En effet les passages concernant le raffinement, les arias (dont Aïda, très adapté à sa traversée égyptienne) écoutés par Oswald en voiture, en plein milieu du désert, ses rendez-vous galants (« Pour ma part je n’ai jamais,absolument jamais laissé une relation intime se prolonger plus de douze heures » p.30-31) et son dégoût pour les microbes, virus et autres saletés sont délectables. Les situations cocasses et parfois oppressantes.

Je plongeai la main dans le vide-poches de portière pour prendre ma bouteille de Glenmorangie. Je m’en versai un gobelet bien tassé et attendis en le sirotant. L’homme avait poussé son visage à moins d’un mètre de moi ; son haleine fétide avait envahi a voiture… qui sait combien de milliards de virus s’y étaient engouffrés en même temps ?

(p.45)

Et un passage sur les livres, l’amour des livres, jubilatoire:

Je fouillai dans le fond de la voiture où je range toujours ma caisse de livres, et, sans même regarder, pris le premier qui me tomba sous la main. La caisse contenait trente ou quarante des meilleurs livres du monde, qui tous pouvaient se relire une centaine de sois en gagnant encore à chaque nouvelle lecture.

(p. 53)

Bref, un texte plaisant, une langue raffinée mais, comme toujours chez Roald Dahl, comme dans ses histoires pour enfants, un ton drôle et décalé avec,en plus, un ton plus libre, plus osé aussi.

En un mot, Roald Dahl est un grand auteur, de ceux qui peuvent nous accompagner au cours des différentes phases d’une vie.

L’invité – Roald Dahl (1965) – 96 pages – Gallimard – Folio 2 € – 2010

Challenge-anglais logo challenge La nouvelle

15 janvier 2012

« Les oiseaux » (nouvelle de « Les Oiseaux ») - Daphné Du Maurier

J’ai commencé vendredi soir un des livres que mon homme m’a offerts. C’est qu’il était sur ma LAL celui-là… en tant qu’admiratrice de l’oeuvre d’Hitchcock, forcément  je voulais découvrir les oeuvres de Daphne Du Maurier qui a inspiré le grand maître par trois fois !

Et puis il y a tant de bloggeuses qui en ont dit du bien que j’avais vraiment hâte de découvrir ce recueil. Car oui, « Les oiseaux » est une nouvelle, la première, du recueil Les Oiseaux. Je vous parlerai des autres nouvelles (pas encore terminées), en un billet je pense, plus tard.

Vendredi j’ai donc fait une pause dans un Wilkie Collins au rythme lent, dur pour moi qui suis épuisée en ce moment, et ai lu en deux « fois », sous la couette, cette nouvelle terrifiante.

Début années 1950. Nat vit avec sa femme et ses deux enfants dans un village de Cornouailles. Pendant la nuit, des oiseaux entrent dans la chambre de ses enfants, il se bat avec pour les chasser. Il ne comprend pas ce que faisaient ces oiseaux dans sa maison. Le froid arctique, rude, et le vent d’Est qui sont arrivés subitement ?

Au début, personne ne le croit. Puis à la radio sa femme entend que les attaques se produisent partout en Angleterre. Il se prépare à affronter l’assaut des volatiles de toutes espèces.

Daphne Du Maurier, en une quarantaine de pages, instille doucement puis de manière intense et oppressantes des éléments angoissants puis, à mesure qu’on avance dans la journée, de terreur et d’oppression.

Maîtresse de son récit, elle utilise le suspense à merveille, en donnant un court répits aux humains ( ceux qui sont assez observateurs et connaisseurs de la Nature), la marée basse et l’objectif d’attendre et d’atteindre les 7 heures du matin.

Les mouettes, en particulier, sont effroyables, elles m’ont fait pensé, en lisant ces lignes, je ne sais pourquoi, à la chevauchée des Walkyries.

C’est alors qu’il vit les mouettes, au loin, chevauchant la mer.

Ce qu’il avait pris tout d’abord pour les coiffes d’écume des vagues était des mouettes. Des centaines, des milliers, des dizaines de milliers… Elles montaient et descendaient avec l’onde, tête au vent, comme une flotte puissante à l’ancre attendant a marée.

(p.22)

Le rocher, découvert au milieu de la matinée, était invisible à présent, mais ce n’est pas la mer qui retenait son regard. Les mouettes s’étaient élevées (…) C’étaient les mouettes qui assombrissaient le ciel. Et elle se taisaient. L’on n’entendait pas un cri.

(p.27)

[Écoutez comme c’est charmant ces p’tites bêtes que j’ai mises en ligne pour vous…]

Mais, surtout, c’est l’idée d’une Angleterre (voire le monde entier ?) entièrement attaquée, envahie par les oiseaux qui est glaçante, terrifiante, apocalyptique même !

J’y ai perçu un traumatisme voire une critique de la guerre dont les populations ne comprennent que si peu les raisons, l’origine. Il faut rappeler que cette nouvelle a été écrite que sept ans après la fin de la deuxième guerre mondiale. Nat lui même s’y réfère ouvertement au début. Mais Du Maurier utilise clairement les termes militaires et de l’offensive pour qualifier les oiseaux qui sont en « mission », mène l’« assaut », Nat et son « état de siège», etc. Au début les fermiers pensent que ce sont les Russes qui ont empoisonné les oiseaux… spectres paranoïaques de la guerre froide également.

C’est également un récit de la révolte de la Nature contre l’être humain, lui-même envahisseur.

L’horreur absolue :

L’horloge de la cuisine sonna sept heures. Pas un son. Pas de carillon, pas de musique. Ils attendirent jusqu’au quart et cherchèrent un autre poste. Même résultat. Aucun bulletin de nouvelles n’était transmis.

(p.48)

Nat et sa petite famille sont là, tels les seuls rescapés d’une catastrophe dont ils ne connaissent ni l’origine ni la raison.

Les derniers mots sont terrifiants, glaçants.

Je vous laisse en bonne compagnie…  [il faut cliquer sur le lien mis en ligne par mes soins, pour vous mettre dans l’ambiance… à se passer en boucle pour se sentir comme Nat]

Très  très bientôt le billet sur le film qu’en a tiré Sir Alfred (la couverture du livre en est tiré), avec une perspective comparative, bien entendu ! (pas le temps malheureusement de l’écrire aujourd’hui…)

Dernière participation au Mois anglais et nouvel ajout à trois autres challenges dont le mien.

mois anglais Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie Challenge-anglais

Les Oiseaux – recueil de nouvelles – 1952

Le Livre de Poche – 348 pages – 2009

14 mai 2011

« Mexico quartier sud » – Guillermo Arriaga

Quartier Retorno 201. Un quartier populaire de Mexico au cœur duquel se tissent des chemins de vie, certains avortés, perdus, gâchés, massacrés, spoliés, oubliés ou célébrés.

On y croise, tel un fil rouge, l’écœurant docteur Del Rio qui nous apparaît d’abord comme un notable qui prend à cœur l’ordre et la morale (tu parles!) alors qu’il n’est que malhonnêteté, immoralité, cruauté et pourriture! Dans « La nuit bleue », contrepoint intéressant à la première présentation de ce docteur, on le voit en train de monnayer ses fautes puis, dans « Légitime défense », il laisse simplement mourir un homme blessé par balle au lieu de le soigner :

De sa main droite, il commença à frapper le sol et tourna la tête, cherchant de l’air, un souffle : la vie. Son corps se tendit comme un arc avant de retomber immobile. (p.111)

Ce passage m’a saisi à la gorge tant c’est violent quand on sait qu’un docteur est à ses côtés, froid, cruel et inactif !

D’autres personnages vivent dans ce quartier, chacun avec ses peurs, ses regrets, sa douleur ou ses crimes. Un homme vivant dans une obscurité permanente, un père en deuil, terriblement touchant, une jeune femme enceinte que nous accompagnons pendant les 195 jours que dure sa grossesse (cette nouvelle m’a bouleversé, triste à pleurer), un jeune homme effrayé par l’idée de répétition familiale et un autre qui n’a pu faire le deuil de sa petite sœur morte et « effacée » de l’histoire familiale.  Cette nouvelle m’a serré la gorge et les sentiments de l’enfant y sont décrits avant tant de précision et d’émotions qu’on ne peut être terriblement ému par ce récit!

Outre ces sentiments  et actes souvent dévastateurs, Guillermo Arriaga dépeint une certaine vision de la société de Mexico : la dure loi de la rue, les caïds, la corruption éhontée de la police corrompue, le pouvoir des notables, l’illégalité de l’avortement.

Une lecture forte pour un recueil émouvant, cruel, horrible parfois qui, malgré tout, se termine sur une nouvelle optimiste et sur un mot final magnifique, comme une promesse… « paix ». Guillermo Arriaga semble doté de l’intelligence de l’âme humaine. De plus, il semble être attaché aux liens familiaux, quels qu’ils soient, comme une constante qui aide ou dessert ses personnages, une force qui les meut, qui dirige presque leur vie, en tout cas oriente leurs choix.

Peu avant de terminer ce recueil, j’ai eu l’idée de relire la quatrième de couverture. Quelle surprise de découvrir que cet auteur était le scénariste de « Amours chiennes » (que je souhaite voir depuis bien longtemps!) et, surtout de « 21 grammes », « Babel » et « Trois enterrements »! Trois grands films bouleversants et saisissants que j’ai beaucoup aimés pour leur originalité, leur maîtrise et leurs histoires si particulières et infiniment humaines.

D’un coup, tout s’est éclairé. Les procédés stylistiques qui m’ont tant plus dans ce recueil, notamment dans « Invaincu », « La Nouvelle-Orléans » et « 195 », cette narration hachée, multiple, voyageant dans le temps et l’espace, est une des signatures de cet auteur, ce que j’apprécie également dans les films basés sur ses scénarii.

Merci infiniment à Claudialucia (et son billet enthousiaste) pour ce prêt et sa patience! Un recueil qui me permet de contribuer, une fois de plus, à mon challenge

Pour poursuivre ma découverte de cet auteur, j’ai abordé un autre pan de l’univers de Guillermo Arriaga le soir même où j’ai tourné la dernière page de ce livre ; je vous en parle demain!

Mexico quartier sud – Guillermo Arriaga (2006)

Phébus – Grasset – 185 pages - 2009

26 avril 2011

« A memory of wind» – Rachel Swirsky

Hélène, la femme de Ménélas, s’est enfuie à Troie avec Pâris. Ménélas demande donc à ses alliés d’aller combattre Troie. Parmi eux son frère, le roi Agamemnon, roi de Mycènes.

Mais ce dernier ayant courroucé la déesse Artémis, celle-ci empêche la flotte de partir, faute de vent. Le devin Calchas annonce que le seul moyen de contenter la déesse est qu’Agamemnon sacrifie sa fille, Iphigénie. Celui-ci, sous le regard insensible d’Ulysse et Ménélas, accepte. Il fait venir sa fille au port d’Aulis sous le prétexte fallacieux de l’unir à Achille.

Voici le contexte mythologique qu’a repris Rachel Swirsky (jeune auteur américaine, féministe, qui m’était inconnue jusqu’alors) pour nous livrer sa vision des dernières heures de la jeune Iphigénie.

Une nouvelle à la première personne, choix qui accentue la dimension tragique du récit à l’issue inéluctable qui s’ouvre sur cette phrase terrible : « I began turning into wind the moment that you promised me to Artemis. »

Iphigénie s’adresse à son père, celui qui, seul, a scellé son destin. Celui qui s’est arrogé le droit de sceller son destin afin de pouvoir faire la guerre et sauver son royaume. À l’instant où Agamemnon accepte le sacrifice Iphigénie, condamnée, commence à perdre souvenirs et sensations : « I lost so much. Words. Memories. Perceptions. »

Les sensations et les sentiments sont magnifiquement décrits par Rachel Swirsky qui a su me toucher, m’émouvoir profondément de la première à la dernière ligne de ce récit. Les cinq sens sont en éveil tout le long ; Iphigénie les perdant, leur évocation n’en est que plus forte et ils nous marquent encore plus!

I belted my garment and followed you out of my chamber and down the echoing stairs to the bottom story. Flickers of firelight rumbled through the doors that led to the megaron.

ou bien encore :

The smell of your sweat drifted on the night breeze, mixing with horsehair and manure. The combined scents were both foul and tantalizing. When you visited the women’s quarters, it was always after events had ended, when the sweat was stale or washed away. Suddenly, things were fresh and new. You had brought me into the middle of things.

La jeune fille évoque également tout ce qu’elle va perdre, ses regrets, comme celui, poignant, de ne jamais avoir la possibilité de porter des enfants, elle si proche et maternelle avec son petit frère, Oreste, un grand bébé qu’elle câline, à qui elle se confie, à qui elle s’en remet :

“I am dissolving into pieces,” I told him. “I need you to remember me for me. Will you do that? Please?”

Une phrase incroyablement dramatique et forte!

J’ai été également touchée par Clytemnestre, la mère d’Iphigénie, qui a déjà perdu un enfant de la main de son mari et qui essaie de sauver sa fille. Pourtant, au moment où se succèdent un tourbillon d’émotions Iphigénie lui reproche de n’avoir pas su la protéger de ce père.

Quant aux hommes, aucun ne trouve grâce sous la plume de l’auteur ni à mes yeux hormis Oreste, bébé innocent et l’attachant et Iamas, le fidèle serviteur de Clytemnestre qui a vu Iphigénie grandir. En ce qui concerne les autres ils sont soit sadiques, comme Calchas :

“What have I done?” you asked Calchas. “What does the goddess want?”

The priest smiled.

Soit assoiffés de guerre et de sang tels Ulysse et Ménélas :

Odysseus and Menelaus fixed you with hungry gazes. Their appetite for battle hollowed the souls from their eyes as starvation will hollow a man’s cheeks.

Ou encore hautains et froids  comme Achille qui réagit bien trop tard:

But Achilles’s gaze was hard and disdainful, too.

Sans parler des soldats rustres et violeurs de l’armée d’Agamemnon.

Enfin Hélène, la cause de cette guerre, est la tante d’Iphigénie. Clytemnestre avait mis en garde sa fille, lui avait dit de se tenir à l’écart de cette femme belle mais dangereuse. Malheureusement, Clytemnestre était loin de se douter qu’elle provoquerait la mort d’Iphigénie! Toutefois Rachel Swirsky montre finalement une Hélène mieux intentionnée que ce qu’en révèlent les mythes, inquiète pour sa nièce même. Malgré tout, Iphigénie en veut à cette femme pour qui elle est sacrifiée :

Should I be glad that I’ll never see the sun again so that Helen can be led like an errant child back to the marriage bed she desecrated? Should I rejoice that my death will enable my father to slaughter Trojans over a vixen that ran into the hills when she went into heat? Should my life dower the frigid air that passes between my uncle and his whore?

L’accélération du rythme des dernières pages accompagne les tourments et la succession d’émotions violentes d’Iphigénie, une violence qui passe à la lecture et qui culmine dans une phrase incroyablement douloureuse.

Rachel Swirsky a une grande sensibilité et un don d’empathie certains, tous deux mis au service d’une nouvelle qui m’a beaucoup plue mais, surtout et avant tout, je l’ai trouvée triste, infiniment émouvante et poignante!

L’histoire bouleversante d’une jeune femme qui aurait aimé décider de sa vie, que son existence ne soit pas soumise aux désirs impérieux des hommes et des divinités.

Un grand merci à Céline pour cette découverte qui me permet, en plus, de commencer à honorer son challenge ainsi que de continuer à contribuer au mienlogo challenge La nouvelle .

17 mars 2011

« Une heure dans un supermarché » – Christine Jeanney

Un nouveau recueil de Quadrature à mon actif. J’en ai lu deux l’an dernier et je suis ravie de continuer ma découverte.
Ici l’auteur nous convie à un petit tour de supermarché, au gré des rayons qu’elle parcourt, prétexte à une galerie de portraits qui s’entrecroisent. Au début bien sûr c’est l’apparence physique qu’elle remarque, puis, narratrice omnisciente, elle fait entrer le lecteur dans la vie de chacun de ces dix-huit visiteurs matinaux qui, d’une nouvelle à l’autre se croisent, même furtivement, le héros d’une des nouvelles étant le figurant d’une autre.
Ainsi, par exemple nous faisons la connaissance de M. Huot, un sculpteur, au rayon animalerie. Son histoire, sur fond d’Histoire, est belle et triste à la fois tout en étant teintée d’humour :
Il a eu peur mais il n’est pas mort. Naître à Santa Fe pour mourir heurté ici par une voiture, une voiture conduite par un profane, ah non, mourir sous les roues d’un artiste serait préférable. Fils de danseuse, sculpteur tué par un peintre, voilà l’idée pour l’épitaphe (p.23)
Ou encore Martha, triste et profondément seule :
Paul a éteint la radio. Silence. C’est le silence qui la mangera. (p.51)
Mais ce sont surtout les histoires d’un père divorcé, homme bien qui attend une lettre décisive  ainsi que celle de Bertrand et son fils dans sa bulle et du couple Lila-Hossam qui m’ont le plus plues et émues!
J’ai apprécié la dimension profondément humaine du recueil qui montre, de manière sensible, qu’au-delà des anonymes aperçus tous les jours il y a des vies emplies de douleurs, de joies, de questionnements dont la plupart nous sont familières, d’une manière ou d’une autre. Bref, Christine Jeanney partage avec nous ces quelques destins croisés le temps d’une course au supermarché. Elle nous montre qu’ il y a plus à voir dans l’autre qu’une simple forme rencontrée furtivement dans le lieu bien impersonnel qu’est la grande surface classique, froide et anonyme… S’intéresser à l’autre, celui en face de nous, celui qui ne nous est pas si étranger…  si seulement!
Encore une très bonne sélection de Quadrature dont l’exigence et l’humanité des écrits  se confirment à chacune de mes lectures.
Je suis contente qu’Anne ait gagné son exemplaire de ce recueil, j’ai hâte de découvrir son billet…
Une nouvelle contribution à mon challenge « La Nouvelle ».
Une heure dans un supermarché – Christine Jeanney
Éditions Quadrature– 128 pages - paru en 2010

11 mars 2011

Un tirage au sort dans mon Cannelier

Voici enfin les réponses à mon questionnaire, le tirage au sort et son résultat.

1) J’ai utilisé un tableau connu pour créer le logo de ce challenge « La Nouvelle ». Quel est son titre, son auteur et, surtout, quel est le lien de cette toile avec mon challenge?

Il Decamerone

La toile utilisée pour le logo de mon challenge « La Nouvelle » (visible en bas de ce billet) est une œuvre du peintre préraphaélite John Waterhouse (dont j’aime beaucoup le travail!) ; elle s’intitule « A tale from the Decameron » et a été peinte en 1916. Cette peinture a été inspirée par le fameux Décameron de Boccace, considéré comme le premier recueil de nouvelles (en l’occurence il y en a cent), œuvre italienne qui a eu une grande influence sur la littérature de la Renaissance en Europe et qui a inspiré bien d’autres écrits littéraires.

2) Qui est, en termes de quantité, le plus grand novelliste français du XIXe siècle?

Il s’agissait bien sûr de Maupassant qui a écrit plus de trois cent nouvelles! Je dois avouer que j’ignorais qu’il en avait écrit autant… un challenge Maupassant intégral serait donc l’œuvre de plusieurs années ^^ En faisant mes recherches je suis tombée sur ce site qui regroupe des nouvelles de ce grand auteur, des connues et des moins connues qui peuvent donc être découvertes en ligne (et servir, en les regroupant par 3,4 ou 5,  à honorer mon challenge… je dis cela en toute innocence bien entendu!)

3) Le « novel » anglo-saxon est-il une nouvelle?

Comme toutes les participantes l’ont bien dit, point du tout! Le « novel » anglo-saxon est un roman quand la nouvelle se dit « short-story ».

Il existe aussi la « novella » qui permet d’éviter le flou français qui fait hésiter pour certains écrits entre le « court roman » ou la « longue nouvelle ». Ainsi Des souris et des hommes (Steinbeck) serait une novella, et le fameux Secret de la Ferme-Grise (Braddon), que des blogueuses appellent soit nouvelle soit court roman, serait à classer dans le genre de la « novella » si seulement ce terme existait dans notre langue…

4) Quelle nouvelle de Daphné du Maurier a été adaptée au cinéma, avec le même titre, par Sir Alfred Hitchcock ?

the birds

5) Quelle nouvelle est connue au cinéma pour son adaptation de 1979 célèbre pour la grande scène sur fond de « La chevauchée des Walkyries » de Wagner? (titre de la nouvelle et du film)

apocalypse now

La nouvelle Heart of Darkness de Joseph Conrad a été adaptée par le grand Francis (Ford Coppola) et nous a donné ce film incroyable, dénonciateur de l’absurdité des guerres, « Apocalypse Now » (Palme d’or l’année de ma naissance ^^)

Un petit bonus, ladite scène que je mentionnais dans ma question.

 

Maintenant le tirage au sort, effectué tout à l’heure avec le concours de la petite main innocente de mon fils.

Félicitations Anne! Je t’envoie les deux recueils des éditions Quadrature dès que possible. Tu peux m’envoyer ton adresse par mail. Un grand merci à toutes les participantes, très peu nombreuses certes mais non moins impliquées et adorables. Vous avez joué le jeu et vos recherches m’ont fait plaisir! Du coup, pour vous remercier d’avoir participé (car sans vous quatre mon jeu aurait été un petit fiasco), vous aurez droit à un petit quelque chose vous aussi… ne me demandez pas quoi, je ne le sais pas encore moi-même, c’est venu ainsi, spontanément.

Bon week-end à tous!

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6 mars 2011

Mon petit jeu…

Un simple petit rappel, le jeu organisé dans le cadre de mon challenge « la Nouvelle » (ouvert à tous et non pas aux seules participantes) se termine le 09 mars à minuit. Je vous assure, les réponses ne sont pas si compliquées et pour le moment j’ai eu peu de retours… Je rappelle que deux recueils de nouvelles publiés par les éditions Quadrature sont à gagner!

Bonne fin de week-end!

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26 février 2011

Jeu du week-end…

Voici le premier jeu de mon challenge qui permet à une personne de gagner deux recueils de nouvelles publiés par les éditions Quadrature.

Il est ouvert à tous mais les participantes au challenge qui répondront à mon questionnaire auront, d’office, une chance supplémentaire de gagner ; en résumé leur participation sera comptabilisée deux fois!

Donc, pour en revenir à mon jeu à proprement parler, il s’agit d’un questionnaire sur le thème de… la Nouvelle bien entendu!

Cinq petites questions, un peu de recherches, de curiosité, de réflexion vous permettront de gagner Mal assise, écrit par Agnès Laroche et Éric Rouzaut (je l’ai lu il y a bien deux ans, envoyé par Agnès Laroche… très sombre mais très bien écrit!)  ainsi que Une heure dans un supermarché de Christine Jeanney (que je dois lire et chroniquer prochainement).

Sans plus attendre, les cinq questions. Les réponses doivent m’être envoyées par mail (duhautdemoncannelier(at)yahoo.fr) ; surtout aucune réponse dans les commentaires ci-dessous, merci!

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1) J’ai utilisé un tableau connu pour créer le logo de ce challenge « La Nouvelle ». Quel est son titre, son auteur et, surtout, quel est le lien de cette toile avec mon challenge?

2) Qui est, en termes de quantité, le plus grand novelliste français du XIXe siècle?

3) Le « novel » anglo-saxon est-il une nouvelle?

4) Quelle nouvelle de Daphné du Maurier a été adaptée au cinéma, avec le même titre, par Sir Alfred Hitchcock ?

5) Quelle nouvelle est connue au cinéma pour son adaptation de 1979 célèbre pour la grande scène sur fond de « La chevauchée des Walkyries » de Wagner? (titre de la nouvelle et du film)

Vous avez jusqu’au 09 mars minuit pour m’envoyer vos réponses! Bonnes recherches à tous!

 

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21 février 2011

« L’incroyable et triste histoire de la candide Erendira et de sa grand-mère diabolique » – Gabriel García Marquez

 

Quelle ne fut pas ma surprise, en ouvrant ce livre il y a quelques jours, de comprendre que je me plongeais dans un recueil de nouvelles! Ni bien ni mal, simplement surprenant!

Sept histoires de solitude, de désespoir, d’amour, de croyances, d’espoir, de crédulité, de présages. Sept récits dévoilant les mystères de l’âme humaine, ses travers, ses qualités et ses défauts.

De Gabriel García Marquez (souvent surnommé Gabo) je n’avais lu, à plus de dix ans d’intervalle, que Chronique d’une mort annoncée dont la tranche, dans la bibliothèque parentale, m’intriguait quand j’étais enfant. Les deux fois, surtout la deuxième, j’avais adoré ce roman à l’ambiance vraiment très particulière qui me rappelait, par certains aspects, l’ambiance narrée par Raphaël Confiant. C’est que ces deux auteurs partagent une culture caraïbe, région que García Marquez, qui est Colombien, évoque clairement dans plusieurs de ses nouvelles, que ce soit en mentionnant des îles (Aruba et la Martinique) ou bien les croyances antillaises.

Contrairement à Chronique d’une mort annoncée ici je suis entrée dans des histoires dotées du réalisme magique de Gabo, ce don qu’il a de faire paraître quotidien des éléments fantastiques, oniriques, magiques! Il faut se débarrasser d’un certain rationalisme je crois pour y entrer de plein pieds. Au fur et à mesure que ma lecture avançait ma résistance s’est évanouie. J’ai donc rencontré un homme âgé à grandes ailes, des billets de banques voletant dans les airs, des morts parcourant les mers du monde entier, des oranges renfermant des diamants, une jeune fille non pas somnambule mais vivant en dormant et bien d’autres choses. Parfois l’histoire est restée énigmatique, d’autres fois leur sens sur la condition humaine m’a paru plus limpide. Toutes en tout cas m’ont emportée très loin, avec les phrases poétiques de García Marquez, dans un pays où la misère humaine symbolisée par le désert et l’absence de fleurs ne se dilue qu’en présence de la mer, porteuse d’espoir.

Elle a beaucoup voyagé, dit M. Herbert. Elle traîne derrière elle la flore de toutes les mers du monde. (p.41)

Une lecture que l’on peut  prolonger en regardant les adaptations de certaines de ces nouvelles : « Un monsieur très vieux avec des ailes immenses » et la nouvelle éponyme.

A very old man

Pour ma part je ne les ai pas vues mais la scène ci-dessous d’Erendira (adaptation qui a eu l’aval de Gabo) semble saisir parfaitement l’ambiance de la nouvelle.

 

Une lecture partagée avec Céline (que je remercie  pour le délai supplémentaire ^^) pour une lecture commune et qui me permet de contribuer pour la première fois à mon challenge.

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20 février 2011

Les recueils à gagner…

Ainsi que je vous l’annonçais jeudi, les éditions Quadrature ayant accepté de contribuer à mon challenge, il sera possible de gagner quelques recueils au cours de l’année de mon challenge « La Nouvelle ».

Il y aura tout d’abord un petit jeu, probablement un questionnaire, pour marquer le début de mon challenge.  J’enverrai deux recueils au gagnant.

Puis  un autre jeu pour que tous les participants se retrouvent à mi-parcours du challenge. Là encore je ferai gagner deux recueils.

Enfin, au terme de mon challenge, un tirage au sort parmi tous les participants (un recueil) et un prix (spécial) pour le plus grand contributeur à mon challenge!

Voilà, vous savez (presque) tout!

Bon dimanche à tous.

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18 février 2011

Un challenge de genre…

Courant novembre j’ai eu l’idée d’un challenge… Cette idée m’est apparue comme une évidence : un défi mettant en avant le genre de la nouvelle.
En effet, j'adore les nouvelles depuis toute jeune, ce genre a pour moi une part bien à lui, une vraie consistance mais j'ai remarqué que le plupart des blogueuses-lectrices ne sont pas trop attirées, à mon grand dam, par ce genre littéraire et qu'en France il connaît une place mineure. 
Pourtant, ce genre né au Moyen Âge et épanoui entre les XVe et XVIIe siècles (Boccace, Marguerite de Navarre, Cervantès entre autres) en Europe (mais avec des prémices en Asie et au Moyen Orient) a connu un tournant important au XIXe siècle en France (Balzac, Maupassant, Hugo, Stendhal, George Sand, Musset, Mérimée…), en Russie (Gogol, Tchekhov…) et aux États-Unis (Poe, Henry James, Melville…).
Cependant la nouvelle n’a conservé sa place de choix et ses lettres de noblesse, auprès des auteurs et des lecteurs, que dans les pays anglo-saxons (Somerset Maugham, Roald Dahl, Philip K. Dick, Fitzgerald, Mc Cullers…), au Québec (Louis-Philippe Hébert, Adrienne Choquette…) et en Amérique latine (García Marquez, Sabato, Juan Rulfo, Borges, Monterroso…).
nouvelles 
J'ai donc pensé ce challenge comme un moyen de mettre en avant les recueils de nouvelles, de faire apprécier ce genre. Et puis l’année dernière, grâce à un auteur avec qui j’ai eu l’occasion de travailler sur un projet, j’ai découvert une maison d’éditions belge qui se consacre entièrement à la nouvelle avec une exigence qualitative qui m’a beaucoup plue. J’ai vraiment apprécié la démarche des éditions Quadrature (qui, je l’ai appris par hasard hier, fête ses six ans aujourd’hui!) et la place qu’elles donnent à la nouvelle. J’avais donc aussi très envie de vous faire connaître cette maison d’éditions et ses auteurs parmi lesquelles trois femmes adorables que j’ai connues par Internet il y a quelques années déjà.
Cette découverte sera encore plus poussée que je ne l’aurais espéré car les éditions Quadrature ont accepté d’être partenaires de ce challenge! Ainsi, suivant l’exemple de George et de Cécile et ses acolytes, il y aura plusieurs occasions de remporter quelques un de leurs recueils tout au long de mon challenge. Je vous en dirai bientôt plus sur les trois auteurs en question, Quadrature et les occasions de gagner quelques recueils de nouvelles.
***
Bon, tout cela pour dire que mon challenge « La Nouvelle » se tiendra pendant un an, du 18 février 2011 au 18 février 2012 et comportera trois niveaux :
- novellistes en herbe : 1 à 4 recueils
- novellistes séduits : 5 à 8 recueils
- novellistes amoureux : plus de 10 recueils
logo challenge La Nouvelle
Les auteurs et le montage évoqués plus haut pourront vous donner des idées…Pour vous inscrire il suffit de me laisser un commentaire. Quand vous publierez vos billets il faudra tout simplement apposer mon logo et mon lien sur votre blog puis venir me donner votre lien ici ou sur une page que je créerai ultérieurement…
Je nous souhaite de découvrir tous ensemble de magnifiques recueils de nouvelles, d’horizons et d’époques variées!

EDIT : la page du challenge (pour publier vos billets futurs) se trouve ici.