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22 mars 2013

Biblio news

Petit tour dans ma librairie préférée (malgré ses délais trop longs pour les livres en anglais… mais ça c’est une autre histoire !) mercredi et je suis revenue, outre le 2e tome du Seigneur des Anneaux pour Hermione, le fameux 1Q84 de Murakami et En attendant la montée des eaux de Maryse Condé.

condé

Je dis « fameux » en désignant le Murakami car je l’ai vu passer sur pas mal de blogs l’an dernier et, comme souvent chez moi, j’évite, je vais même à contre-sens de ces succès littéraires que l’on voit partout. Donc me voici près de deux ans après sa première publication en train de le découvir grâce ou à cause de Natiora et de Cryssilda qui a disséminé sur facebook, il y a peu, nombre d’extraits aussi intrigants que fascinants du 3e tome.

Bref, après avoir lu les deux premiers chapitres en ligne (mais jamais je ne lirai de livres en entier sur écran, non, non et non !) j’ai su que je voulais en lire plus. J’aime déjà l’aptitude d’Aomamé de retenir, connaître, savoir tout en étant intuitive. Je me suis même reconnue un peu ici :

En matière d’histoire, elle aimait avant tout que les évènements soient bien reliés à une chronologie et à un lieu précis. Elle n’avait aucune difficulté à se souvenir des dates. Même quand elle ne l’avait pas apprise par cœur, la chronologie se dessinait automatiquement, du moment qu’elle avait saisi la cohésion d’ensemble des divers événements. Au collège et au lycée, Aomamé avait toujours les meilleurs notes de la classe aux contrôles d’histoire, et elle trouvait étrange qu’un élève ait du mal à retenir la succession des dates, alors que c’était si facile d(‘y parvenir. (pp.12-13)

Et puis comme me le laissaient penser les citations de Cryssilda, Murakami est un grand fou, certes, mais poétique :

La rectitude de son axe était perdue, le Temps filait dans tous les sens. Les tiroirs avaient été intervertis. (p.61)

Bref, voilà donc mes début murakamiesques…

Sinon, cette semaine j’ai gagné le roman (chez Leiloona) et les places de cinéma (chez George) de La Religieuse. Voilà qui est fort plaisant et qui va me permettre de découvrir un peu plus de Diderot et, encore une fois, d’être le témoin impuissant des horreurs subies par les femmes, ici au XVIIIe siècle.

Ah et puis j’ai commencé à regarder, grâce au billet de Perséphone qui m’en a donné l’envie, Little Dorrit, d’après Charles Dickens, de la BBC, of course ! J’en suis au 3e épisode (vu hier soir)… un délice !

Voilà pour les Biblio news de la semaine. Bon week-end à toutes et tous !

20 mars 2013

« Sorry, Haters » – Jeff Stanzler (2005)

Une claque. Voilà ce que fut hier soir le visionnage de ce film dont je ne savais rien excepté les deux minutes que j’en avais vus, il y a quelques jours, sur Sundance Channel France.

J’ai voulu voir ce film en raison du résumé succinct et mystérieux aperçu et sur la foi de la présence, en tant qu’actrice principale, de Robin Wright (Penn à l’époque) qui est un gage de qualité à elle toute seule. Sauf que cette actrice m’a habituée à des rôles de femmes au prise avec l’amour, parfois perdu ou malheureux, mais une femme qui aime, qui donne malgré tout (She’s so lovely, The Playboys, Les vies privées de Pippa Lee…). Dans Sorry, Haters, rien de tout cela.

Robin Wright y interprète Philly/Phoebe, une femme mal dans sa peau au début du film, pour ne pas dire plus que perturbée à la lumière des événements qui suivent, malheureuse, mal-aimée (et ne s’aimant pas) et glaçante. Elle rencontre, un soir, un chauffeur de taxi syrien, Ashade (interprété par Abdellatif Kechiche, que je ne connaissais pas jusqu’alors mais qui joue à merveille, avec sensibilité) dont le frère est second tier suspect dans les attentats du 11 septembre et qui a donc été extradé par les États-Unis en Syrie, où il risque la torture voire la mort.

Elle lui raconte ses succès professionnels, son mariage détruit par une professeur de mandarin qui lui a volé son mari et sa fille. Lui parle de son diplôme de chimiste, de sa foi. Ils sympathisent. Elle lui propose son aide pour faire libérer son frère, en faisant jouer ses relations, notamment un grand avocat. Et puis elle lui fait une étrange proposition…

Sans pouvoir en dire plus, sous peine d’en dire trop, je peux néanmoins partager le malaise ressenti devant ce film en trois temps : la première partie que je viens de vous relater, une révélation glaçante au milieu du film puis une dernière partie menant à une fin inattendue, choquante, qui remue et attriste.

Malaise face à la haine et le manque de respect subis au début du film par Ashade, à la banque et face à un agent de police lui donnant une contravention.

Malaise face à l’injustice paranoïde du FBI et du gouvernement américain qui emprisonne des personnes liées, si l’on peut dire, à un degré si infime à des individus ayant participé aux attentats que c’en est arbitraire et terrifiant.

Malaise face à la perception incroyablement inédite qu’ une personne a du 11 septembre.

Malaise de ces personnages (jusqu’au concept de l’émission qui donne son nom au film) qui luttent intérieurement, essaient en tout cas, contre leurs envies, leur haine, leur violence, leur jalousie quitte à se punir eux-mêmes.

Malaise face à un film dont les deux dernières scènes sont d’une violence aussi inouïe qu’inattendue, face à ces questions qui restent sans réponse et qui peuvent affaiblir ou renforcer cette œuvre, selon la perspective que l’on adopte.

Sorry, Haters est un film que j’ai trouvé dérangeant mais ancré dans une violence quotidienne, insidueuse, qui sonne si juste que c’en est encore plus violent. Je ne saurais même dire si je l’ai aimé mais la question n’est peut-être pas là car, outre ses acteurs à l’interprétation si juste, il a réussi à me faire réagir, à me chambouler, à m’habiter depuis hier soir. Un long-métrage qui fait un tel effet est un film à voir !

5 mars 2013

Nouvelle rubrique : « Qui verriez-vous pour jouer… ? ­­»

La question que je vous ai posé il y a quelques jours, pour mon concours, et le mini-débat entre blogueuses qui a suivi, m’ont donné une idée.
Je trouve intéressant et divertissant de voir quels acteurs nous envisagerions pour jouer le rôle de tel ou tel personnage.
Quand je lis un roman je n’ai pas une image claire de la représentation que je me fais des personnages mais, une fois la lecture terminée, pourquoi ne pas se laisser son imagination donner un visage plus « réel ­» à ces personnages.
Je commencerai aujourd’hui avec Home. Je dois admettre que j’ai été surprise quand je me suis rendue compte que parmi les dix romans écrits par Toni Morrison, seul Beloved, à ma connaissance, a été adapté au cinéma.
Alors, mon casting fictif pour un projet ciné pour le moment tout aussi hypothétique :
Frank = Michael Ealy
Cee = Sophie Okonedo s okonedo Sophie Okonedo ou Anika Noni Rose anika noni rose
Sarah = Queen Latifah
Lenore = CCH Pounder
Salem = Laurence Fishburne
Et pour ceux et celles qui ont lu ce roman, qui verriez-vous pour chaque personnage ?

22 juin 2012

« Killing Bono » – Nick Hamm

Dublin, 1976. Deux frères, Neil et Ivan McCormick font du rock avec des amis lycéens. Parmi eux Paul Hewson qui ne tarde pas à fonder son propre groupe que lui et ses amis musiciens ne tardent pas à rebaptiser, après un premier petit concert, U2 quand lui-même se rebaptise Bono. Pour devenir le groupe et le chanteur légendaires que tout le monde connaît.

Le hic c’est qu’au tout début Paul-Bono voulait prendre Ivan comme guitariste ce que Neil a décliné sans même en parler à son frère. Car il ne veut pas que son frère ailler jouer dans un autre groupe que le leur, Shook up! Parce qu’il est certain de pouvoir réussir et surpasser, dans une sorte de compétition étrange, U2 dont le succès le rend vite aigri et l’écrase. Neil embarque alors Ivan dans ses combines et mauvais plans pour réussir dans le rock, comme un grand frère aussi immature qu’audacieux.

Killing Bono est un film très agréable où l’on assiste à l’ascension du groupe U2 en négatif des aventures des deux frères McCormick finalement talentueux et en bonne voie. Le parcours des deux groupes se déroule devant nous, en parallèle, non sans humour : le faux prêtre menaçant, l’accueil de leur propriétaire à Londres ou tout simplement la présence et les expressions toujours incroyables de ce cher Robert Sheehan que j’ai découvert l’année dernière dans le très décalé et drôle Misfits.

Robert Sheehan

L’interprète de Bono, présenté sous un jour plus qu’agréable, loyal et simple, que l’on voit peu –mais si omniprésent, dans la vie des deux McCormick comme dans l’esprit du film – est très ressemblant, tant jeune que sous ses attributs de rock star.

affiche clin d’oeil à

C’est aussi toute une ambiance, celles des années 1980 à Londres. Et puis, surprise pour moi, il s’agit d’une histoire vraie, le film se fondant sur l’autobiographie de Neil, devenu depuis un critique musical littéraire pour le Daily Telegraph.

Un film sur l’envie de réussir, l’amour fraternel, les espoirs déçus et les regrets ainsi que cet incroyable esprit de compétition qui peut en aveugler plus d’un, jusqu’à se perdre… ce que l’on voit dans une scène très bien filmée, un climax, deux fois deux personnages en voiture, deux discussions parallèles mais intimement liées suivie d’un passage dans la foule… mais je n’en dis pas plus.

Et puis une très grande pensée et toute mon admiration à Pete Postlethwaite. Je le vois apparaître à l’écran, je trouve qu’il a l’air malade, plus émacié que d’habitude. Je vérifie. Oui, c’est bien son dernier rôle, l’année de son décès. Très très émue de voir sa dernière interprétation et en entendant les toutes dernières répliques, dans une scène d’au revoir prophétique, de sa prestigieuse carrière aux (presque toujours) seconds rôles flamboyants, puissants, qu’on ne peut oublier! Un acteur à la dimension shakespearienne et au visage qu’on ne peut oublier, à la fois fort et attachant… (je l’avais remarqué pour la première fois dans le Roméo + Juliet de Baz Luhrmann, alors adolescente, dans ma petite salle de cinéma grenobloise)

 

Ma modeste contribution au Mois irlandais, organisé par Cryssilda, que je n’aurai malheureusement pas le temps d’honorer plus.

24 mars 2012

Un livre / Un film chez Sabbio le temps d’un week-end…

Aujourd’hui et demain mon Cannelier se fait le gardien de deux blogs que j’estime et dont on m’a confié les clés. En effet, Claudia et Wens séjournant ces jours-ci sous les cieux new-yorkais m’ont demandé de m’occuper de leur fameux « Un livre/Un film » dont j’adore le concept depuis la toute première heure !

film

Pour rappel, ainsi que l’exprime Claudia :

Wens de En effeuillant le chrysanthème et moi-même, nous vous proposons, le samedi, un jeu sous forme d'énigme qui unit nos deux passions : La littérature et le cinéma! Il s'intitule : Un livre, Un film.

Chez Wens vous devez trouver le film et le réalisateur, chez moi le livre et l'auteur.

L’énigme du jour se trouve donc ici et mais c’est sur mon e-mail (duhautdemoncannelier (at) yahoo . fr)que vous devez m’envoyer la réponse, SURTOUT AUCUNE RÉPONSE DANS LES COMMENTAIRES, que ce soit chez Claudia, Wens ou ici mais vous pouvez écrire dans les commentaires de leurs blogs (ou ici) par contre pour dire si oui ou non vous avez la réponse, que vous l’avez envoyée par mail, partager si avez vu ou lu ces oeuvres, etc.

Demain je donnerai la réponse pour le livre (le film sera chez Wens) et communiquerai la liste des gagnants.

J’espère avoir été claire…. Bonne énigme à tous  !

20 mars 2012

Quand Martine et moi idolâtrons Hitch…

Les lecteurs adorés de ce blog, les fidèles savent qu’ici, à l’ombre de mon Cannelier, règne l’amour immodéré des livres, de la peinture et… du 7e art !

Un de mes grands maîtres de la première heure, quand j’étais toute petite, initiée par mon père, était, aux côtés de Chaplin le grand génie à la silhouette si célèbre, j’ai nommé Sir Alfred Hitchcock, Hitch de son petit nom !

J’ai déjà cité ce réalisateur britannique incomparable à plusieurs reprises ici, comme sur ma page facebook, car je regarde souvent ses œuvres avec plaisir. Et c’est comme ça que Martine m’a démasquée ! Elle a vu en moi une autre passionnée du maître du suspense et m’a tendu une perche impossible à refuser : lancer le challenge Alfred Hitchcock ! [oui, je sais, j’ai deux challenges à clôturer, je vais le faire dès que possible]

Les amoureux des œuvres incroyables de Hitch peuvent donc s’inscrire chez Martine ou ici et aurons un an pour voir les films, connus et plus confidentiels de Hitchcock ainsi que, avec l’option « Hitch au fil des pages », les écrits dont certains films sont adaptés.

Ah et une page facebook de notre challenge existe depuis ce matin, hé oui ! Un petit salon hitchcockien pour partager anecdotes, trouvailles, remarques, etc. Nous en avons déjà quelques unes dont un précieux lien menant à des films en ligne.

Voici, pour une vue d’ensemble, la filmographie incroyable et fournie de Hitchcock et la bibliographie qui lui a parfois servi, le tout concocté par Martine… merci madame :)

Filmographie

The pleasure garden (1926)
The mountain eagle (1926)
Les cheveux d’or – The lodger (1926)
Downhill (1926)
Le passé ne meurt pas – Easy virtue (1927)
Le masque de cuir – The ring (1927)
Laquelle des trois ? (1928)
À l’américaine – Champagne (1928)
The Manxman (1929)
Chantage – Blackmail (1929)
Junon et le paon – Juno and the paycock (1929)
Elstree calling (1930)
Meurtre – Murder (1930)
The skin game (1931)
À l’est de Shanghai – Rich and strange (1931)
Numéro dix-sept – Number seventeen (1932)
Le chant du Danube – Waltzes from Vienna
L’homme qui en savait trop – The man who knew too much
(1ère version) (1934)
Les trente neuf marches – The thirty nine steps (1935)
Quatre de l’espionnage – Secret agent (1936)
Agent secret – Sabotage (1936)
Jeune et innocent – Young and innocent (1937)
Une femme disparaît – The lady vanishes (1938)
L’auberge de la Jamaïque – Jamaïca Inn (1939)
Rebecca (1940)
Correspondant dix sept – Foreign correspondant (1940)
Joies matrimoniales – Mr and Mrs Smith (1941)
Soupçons – Suspicion (1941)
Cinquième colonne – Saboteur (1942)
L’ombre d’un doute – Shadow of a doubt (1943)
Lifeboat (1944)
Aventure Malgache (1944)
Bon voyage (1944)
La maison du Docteur Edwardes – Spellbound (1945)
Les enchaînés – Notorious (1946)
Le procès Paradine – The Paradine case (1948)
La corde – Rope (1948)
Les amants du Capricorne – Under Capricorn (1949)
Le grand alibi – Stage fright (1950)
L’inconnu du Nord-Express – Strangers on a train (1951) 
La loi du silence – I confess (1953) 
Le crime était presque parfait – Dial M for murder (1954) 
Fenêtre sur cour – Rear window (1954) 
La main au collet – To catch a thief (1955) 
Mais qui a tué Harry ? – The trouble with Harry (1955) 
L’homme qui en savait trop – The man who knew too much
(2ème version) (1956) 
Le faux coupable – The wrong man (1957) 
Sueurs froides – Vertigo (1958)
La mort aux trousses – North by Northwest (1959) 
Psychose – Psycho (1960) 
Les oiseaux – The birds (1963) 
Pas de printemps pour Marnie – Marnie (1964) 
Le rideau déchiré – Torn Curtain (1966) 
L’étau – Topaz (1969) 
Frenzy (1972)
Complot de famille – Family plot (1976)

Les livres (romans ou nouvelles) qui ont inspiré Hitchcock

Rebecca de Daphné du Maurier
L’auberge de la Jamaïque de Daphné du Maurier
Les oiseaux de Daphné du Maurier
Psychose de Robert Bloch
Mr Ashenden, agent secret de Sommerset Maugham
L’agent secret de Joseph Conrad
L’inconnu du Nord-Express de Patricia Highsmith
Frenzy d’Arthur La Bern
D’entre les morts (Sueurs froides) de Boileau et Narcejac
Fenêtre sur cour de William Irish
La main au collet de David Dodge
Les 39 marches de John Buchan
Jeune et innocent de Josephine Tey
La maison du Docteur Edwardes de Francis Beeding
Le procès Paradine de Robert Hichens

Inscrits

Cryssilda
Miss Leo
Neph
Mélodie

4 février 2012

« Holy Smoke » – Jane Campion (1998)

Céline et moi continuons nos visionnages des œuvres de Jane Campion et avons décidé de vous parler aujourd’hui de Holy Smoke.

Ruth, jeune Australienne (interprétée par Kate Winslet, magnifique dans ce film, de sa beauté simple et naturelle), se rend en Inde et y a une révélation mystique et se retrouve sous l’influence d’un gourou, Baba. Sa famille, inquiète, la fait revenir en prétextant que son père est mourant et la laisse, pour quelques jours, avec , un «déprogrammateur » spirituel, P.J. Harvey (Harvey Keitel, que Campion retrouve après La Leçon de piano) qui a presque 100 % de succès.

Un programme très sensé, en plusieurs étapes. Le problème c’est que cette pratique est périlleuse, c’est pourquoi,habituellement, a quelqu’un qui l’assiste, au cas où il perde lui-même pied dans ce cheminement au cœur de l’esprit et de l’âme de ses patients.

Sauf que  là, P.J. se retrouve seul avec Ruth, dans une petite maison perdue au milieu du désert et que, très vite, au moment où Ruth est la plus vulnérable, le rapport de force entre ces deux êtres s’inverse, Ruth prenant le pouvoir sur un P.J. succombant passionnément à son attirance et son amour pour elle, au point de perdre la raison.

Comme à son habitue Jane Campion explore une étape–clé de la vie d’une femme forte, passionnée, qui a beaucoup d’énergie en elle mais qui ne sait encore à quoi la consacrer, qui, au fond, se cherche. À l’instar d’Ada, Ruth est en décalage avec son environnement social,en l’occurrence sa famille de middle-class australienne un brin vulgaire.

Les hommes sont tout d’abord montrés comme un frein à l’épanouissement de cette jeune femme, illustré par une scène pleine d’entrain dans laquelle Ruth chante à tue-tête sur Oughta know d’Alanis Morrissette dont le message est très clair : une femme en veut à un homme et le lui fait bien savoir, ne se laisse pas faire.

Mais, finalement, c’est grâce ou avec un homme que Ruth s’interroge et renaît à elle-même pour trouver sa voir qui la ramène, certes en Inde, mais de manière bien différente, toute personnelle cette fois.

La dénonciation des sectes n’a d’égal que celui de l’étau parfois écrasant de la cellule familiale : l’une comme l’autre, dans une société où les individus, déroutés, se cherchent plus en plus, parfois via le spirituel, n’est pas, selon Campion, la voie de l’épanouissement. La réponse est certes dans le spirituel, mais une spiritualité personnelle, inscrite dans un projet humaniste.

Ce film, je l’ai vu à deux reprises, à quelques jours d’intervalle, il y a quelques semaines. Certes, il est particulier et le propos peut sembler parfois survolé et à d’autres moments trop délirant mais j’ai apprécié ce nouveau portrait de femme et de retrouver Harvey Keitel dans un rôle passionné, encore une fois, bien que très très différent de celui de Baines, plus appréciable selon moi.

J’ai aussi beaucoup apprécié de trouver ma chère Pam Grier, que j’adore dans Jackie Brown (une autre femme forte!) et le lien unique qui  se crée entre Ruth et P.J. au-delà de l’attirance, de la sexualité, un lien profond,authentique, de deux êtres s’étant dévoilés plus que jamais à un autre être.

19 janvier 2012

Les livres dans tous leurs états… #4

Il était temps que je reprenne cette rubrique qui me permet de vous parler de tout ce qui a un rapport aux livres et leurs auteurs, en dehors des billets à proprement parler…

Hier, mon ordinateur a rendu l’âme, un décès prévisible mais tout de même embêtant. Neuf ans presque. Il a eu une vie bien rempli. Maintenant il me faut lui trouver un remplaçant… Je vous dis tout ça car, malgré cela, hier fut positif et, entre autres, j’ai reçu ce livre en service presse non sollicité par moi ce qui est, je dois l’avouer, une curieuse et agréable surprise!

Sinon, un film que j’ai bien envie de découvrir, en raison de l’auteur, l’acteur et l’affiche. Un tueur en série s’inspirant des écrits d’Edgar Allan Poe, dont le Corbeau du titre original, The Raven, pour tuer ses victimes… Ce cher Poe, interprété par le trop rare John Cusack, enquête.

Une affiche magnifique!

The Raven Et une bande-annonce frissonnante (qui en montre trop) :

Enfin, quelques couvertures qui m’ont séduite.

Une nouvelle collection chez Penguin

poe frankenstein dracula

Souvent elles révèlent un aspect du livre, évident pour Frankenstein, moins pour les deux autres… Je prendrais bien ce Frankenstein-là en tout cas… je connais l’histoire, a vu deux versions ciné mais ne l’ai jamais encore lu!

Et cette couverture type papercut que je trouve très très belle! (quelqu’un connaît ce roman-là? Parce que l’acheter simplement pour sa couverture serait indécent donc si quelqu’un veut me donner envie…)

14 janvier 2012

« The Piano » / « La leçon de piano » – Jane Campion (1993)

  The voice you hear is not my speaking voice -but my mind's voice. I have not spoken since I was six years old. No one knows why - not even me. My father says it is a dark talent, and the day I take it into my head to stop breathing will be my last. Today he married me to a man I have not yet met. Soon my daughter and I shall join him in his own country. My husband writes that my muteness does not bother him - and hark this! He says, "God loves dumb creatures, so why not I?" 'Twere good he had God's patience, for silence affects everyone in the end. The strange thing is, I don't think myself silent. That is because of my piano. I shall miss it on the journey.

XIXe siècle. Ada McGrath (la charmante et talentueuse Holly Hunter) et sa fille, Flora (Anna Paquin dans son plus beau rôle… pour ne pas dire son seul beau rôle !) quittent l’Écosse et la demeure de son père qui l’a mariée à un propriétaire terrien néo-zélandais, Alistair Stewart. Ada est mutique, sa voix :  son piano et sa fille… mais surtout son piano, avec qui elle a un lien sensuel, au sens littéral, qu’elle connaît les yeux fermés.

Elles sont débarquées sur une plage vaste et nue, à l’image de leur perception d’un monde qu’elles ne connaissent pas. La seule préoccupation d’Ada est son piano, enfermé dans une grande caisse de bois qu’elle rompt assez pour pouvoir y passer la main et en jouer, en aveugle.

Son futur mari (Sam Neill) arrive. Ses employés (des Maoris) et son voisin Baines prennent les affaires d’Ada… sauf son piano car ils ne sont pas assez. Cet instrument, coeur du film et cher au coeur d’Ada, reste esseulé sur la plage, à prendre l’eau : la marée montante et la pluie.

Baines (le grand, ambigu et incroyable Harvey Keitel), voisin de Stewart, est un homme proche des Maoris dont il a adopté le mode de vie et certaines coutumes, dont il connaît la langue aussi. Il amène les deux Écossaises rendre visite au piano, toute une journée sur la plage. La musique le séduit. Peu après il propose à Stewart de lui vendre le piano ; celui-ci accepte.

Baines passe alors un étrange marché avec Ada, qui le trouve rustre et n’accepte pas l’idée qu’il puisse toucher son piano. Alors qu’officiellement elle lui donne des cours de piano, lui veut caresser des yeux, puis plus, la jeune femme, en échange des touches de piano qui lui permettront de regagner sa voix peu à peu.

George à Ada : Undo your dress. I want to see your arms. Play. Two keys. (Détache ta robe. Je veux voir tes bras. Deux touches du piano.)

Car c’est bien de cela qu’il s’agit pour Ada. Regagner son piano, sa voix, se découvrir. Une découverte, un éveil d’elle-même qui, une fois la stupeur des propositions de George Baines passée, se fera dans la sensualité, le désir, les étreintes passionnées et la force des sentiments. L’amour pour une femme «cassée », en déséquilibre, qui peu à peu va se réparer… Il en est peut-être aussi de Baines, qui cherche quelque chose qui lui manquait et donc la beauté et la force des sentiments est touchante, belle, émouvante, surtout quand il se sent impuissant à protéger sa pianiste.

la lecon de panio

Tout cela sur fond de Nouvelle-Zélande… une contrée aux paysages tourmentés filmée avec amour, dans des plans magnifiques, terre de contrastes  à l’image d’Ada/George, Ada/ et encore Ada/Ada, en lutte avec elle-même. Des paysages et des lumières magnifiques qui contribuent à m’enchanter, me porter à chaque fois que je vois ce film.

La première fois devait être en 1995, un peu trop tôt peut-être pour mettre des mots sur ce que j’avais vu, comprendre pleinement ces émotions. Choquée aussi par la violence, sous-jacente ou non. Puis l’an dernier je l’ai enfin revu après tant d’années… choc cinématographique ! Ce que je nomme ainsi est un choc complet, quand le sujet, la réalisation, les acteurs (même la petite, très douée dans son rôle, belle en naïade légère et dansante sur la plage, énervante quand elle « rapporte »… -  je ne puis en dire plus…), la lumière, la photo et la musique sont parfaits et passionnent véritablement… tant que j’ai encore vu deux fois en décembre, là, il y a quelques semaines. Un film qui à chaque fois m’habite pendant plusieurs jours…  La Palme d’Or et les autres récompenses pour le film et son équipe (un autre prix à Cannes, trois Oscars, etc.) sont bien sûr plus que méritées, Jane Campion ayant été, soit dit en passant, la première femme a avoir eu la Palme d’Or.

Ces chocs, j’en ai eu peu dans ma vie de cinéphile passionnée… Un film comme un absolu du cinéma…

Quant à la musique (Michael Nyman) que je viens d’évoquer, la voix d’Ada justement, mais bien plus aussi, elle transcende le film et le spectateur… des jours après elle était encore présente dans mon esprit, belle et tourmentée.

The Piano ne pouvait être que le projet d’une femme. Jane Campion (néo-zélandaise, réalisatrice et scénariste de ce film) a cet amour et cette compréhension infinie des femmes, de leurs recherches, leurs envies parfois troubles, violentes, ambiguës, et de leurs quêtes. Elle filme Holly Hunter avec cette profonde bienveillance et cette curiosité auxquelles l’interprète répond avec justesse, intensité, force et passion… pourtant sans un mot mais avec une énergie incroyable.

Jane Campion

Une vision que j’explorerai au cours des semaines à venir avec ma chère Céline, en vous présentant d’autres films (tous normalement) de cette grande réalisatrice.

 Jane Campion chez Céline et Sabbio

Un billet également à la tonalité (vous remarquerez que le billet on ne peut plus adapté…)

Je vous laisse découvrir cette vidéo qui exprime tout. Je ne l’avais jamais vue, je viens de la trouver pour vous, la vidéo officielle apparemment. Elle me remet dans cet état si particulier : frissons, souffle coupé, intensité. Plus un bruit, savourez :

21 mai 2011

Les livres (et leurs auteurs) dans tous leurs états… #2

J’aime beaucoup la collusion entre la littérature et le cinéma, comme vous l’aurez sans doute déjà compris. Parfois cette rencontre n’est pas des plus heureuses mais, parfois, elle prolonge le plaisir de la lecture ou, même, nous fait découvrir des auteurs ou des œuvres dont on ignorait l’existence ou dont on se faisait une idée fausse.

Il existe également des films qui nous présentent non pas des livres mais la vie (ou un morceau de vie) de leurs auteurs.

La fameuse Jane Austen que j’évoque régulièrement ici. Interprétée par Anne Hathaway dans « Jane » (2007)

Reinaldo Arenas, interprété par le brillant Javier Bardem en 2001 dans « Avant la nuit » de Julian Schnabel, film basé sur l’autobiographie du grand auteur cubain persécuté par le régime castriste. Je compte lire cet auteur et voir ce film bientôt dans le cadre du mois cubain.

Johnny Depp prête ses traits et sa fantaisie à James M. Barrie dans « Neverland » de Marc Forster (2005). Un film sur la rencontre entre l’auteur de Peter Pan et une jeune veuve mère de quatre fils qui inspireront les personnages du célèbre roman (que je compte également lire prochainement pour le mois écossais !)

« Kafka » (1991) de Steven Soderbergh nous présente la vie de l’auteur autrichien incarné par ce cher Jeremy Irons.

Meryl Streep m’a profondément émue dans le célèbre « Out of Africa » de Sydney Pollack (1985), aux côtés de Robert Redford. Un rôle magnifique tiré de l’autobiographie de l’auteur danoise Karen Blixen, La ferme africaine.

Virginia Woolf interprétée par une Nicole Kidman transformée dans le film très réussi de Stephen Daldry, « The Hours » (2002).

Philippe Noiret fait un Pablo Neruda attachant dans « Le facteur »de Michael Radford (1996)

Vous pourrez retrouver certains de ces auteurs vus par le cinéma, ainsi que d’autres, sur ce diaporama.

15 mai 2011

« The burning plain » – Guillermo Arriaga

Ainsi que je vous le disais dans mon billet d’hier, peu avant de terminer le recueil de nouvelles de Guillermo Arriaga j’en ai lu la quatrième de couverture. Outre son rôle de scénariste pour des films que j’ai beaucoup aimés (dont trois réalisés par le très bon Alejandro González Iñárritu), j’ai aussi appris qu’el señor Arriaga avait réalisé son premier film! Le jour où j’ai terminé son recueil fut donc également celui où j’ai découvert sa première réalisation cinématographique!

Une caravane en flamme au milieu du désert du Nouveau-Mexique. Deux amants, Gina (Kim Basinger) et Nick  (Joaquim de Almeida) s’y trouvaient et meurent, brûlés. Mais c’est aussi le récit de deux adolescents, Mariana (Jennifer Lawrence) et Santiago (Danny Pino) qui essaient de panser leurs  plaies émotionnelles ensemble, malgré leur famille. Une petite fille, Maria (Tessa Ia) et son oncle (José María Yazpik), à la recherche de sa mère. Et l’énigmatique Sylvia (Charlize Theron), prisonnière de son passé et de sa souffrance dans le froid et humide État de l’Oregon. Ces différents personnages, ces femmes surtout, distantes de plusieurs années, sont mues par une même énergie, un même besoin de liberté et de vérité.

Tout comme dans « Babel » et « 21 grammes », dont il a été le scénariste, Arriaga prend plaisir à plonger le spectateur de « The burning plain » (« Loin de la terre brûlée » en vf) dans des espaces et un temps différents grâce à une narration non linéaire et à des ambiances lumineuses et chromatiques bien distinctes.

Ainsi, le film s’ouvre sur la chaleur, la sécheresse du désert et de l’incendie et nous fait passer en moins d’une minute dans le bleuté froid d’une chambre d’hôtel de l’Oregon. Chaque ambiance reflète non seulement une période précise mais aussi les sentiments dominants.

En effet, il est question de sentiments ambivalents, forts, de souffrances, de repentir, de deuils et de pardon, tout cela guidé par le passé et les liens familiaux, ceux-là même qu’affectionne Guillermo Arriaga et que je mentionnais hier ; ces liens qui orientent voire dictent la vie des personnages. Surtout les femmes. Car pour une fois les femmes ont la première place chez Arriaga, perspective intéressante et riche pour les sujets qu’il aime explorer.

Il est également beaucoup question de blessures, de chairs meurtries, à l’image des âmes. Une thématique également très forte dans le recueil de nouvelles d’ailleurs et dans les autres films sur lequel il a travaillé précédemment. Bref, un thème important dans l’œuvre d’Arriaga qui en fait la manifestation visible par tous des troubles intérieurs des personnages qui, parfois, s’infligent volontairement ces blessures.

Ce film-choral, genre que j’affectionne beaucoup quand il est réussi (ah, ce cher Robert Altman!), trouve son apogée dans les dernières scènes, ultime collision entre les différentes époques, les différentes femmes de cette histoire qui entrevoient une issue positive à leurs déchirements.

Certes, il peut être reproché à l’auteur-cinéaste de rester dans une zone de confort narrative qu’il nous a déjà présentée dans les films cités plus hauts ou de nous présenter une histoire dont l’issue est finalement peu mystérieuse pourtant, la magie d’Arriaga opère, tant pour l’histoire, très touchante, horrible et belle à la fois, que par la beauté formel de ce long-métrage.

Enfin, tous les acteurs de ce film incarnent leur personnage à merveille,  certains même l’habitent entièrement, comme les deux jeunes filles : la petite Tessa Ia, pleine de souffrance et de manque contenus et la jeune Jennifer Lawrence ambivalente, intrigante presqu’inquiétante tout en arrivant à être touchante. Quant à Kim Basinger, toute en retenue, son jeu est sobre, le ton trouvé est justement dosé.

Je suis ravie d’avoir découvert le recueil de nouvelles et le premier long-métrage de Guillermo Arriaga. Son prochain projet est un film collectif, « Rio, Eu Te Amo » (« Rio, je t’aime ») pour lequel il va réaliser un court-métrage que j’espère bien voir dès que possible. De plus j’ai très envie de découvrir ses autres écrits et films adaptés de ses écrits ou de ses scénarii. Bref, un auteur qui m’a conquise!

Guillermo Arriaga