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6 février 2012

La rencontre d’un livre et d’une humeur…

Aujourd’hui ce n’est pas trop ça, même pas ça du tout. Si on m’embête je crie, je mords, je griffe… bon, j’exagère un peu mais vous situez un peu la journée, et pleine d’imprévus plus désagréables les uns que les autres, sinon ce ne serait pas drôle !

Mon réconfort, l’idée qui me fait tenir est de débuter un roman, ce soir, aussi tôt que possible,sous la couette. Un roman qui, quand je l’ai reçu la semaine dernière, s’est imposé dans mon cœur comme le prochain que je lirai. Hasard ou pas, j’ai terminé un recueil de nouvelles hier soir (sur une note angoissante dont je vous parlerai dans un billet prochain) et je vais donc commencer ce fameux roman, ce soir, alors qu’il colle parfaitement à mon humeur.

Ou plutôt non, il n’y colle pas, il la contrebalance, la combat car ce roman devrait être, comme toujours chez son auteur, une bulle de bien-être, de foi en l’être humain, le partage, la bienveillance, l’amour.

J’ai nommé Et puis, Paulette… de Barbara Constantine que j’ai découvert grâce à Leiloona et dont j’ai déjà parlé sur ce blog, en raison d’un coup de coeur !

Et puis j’ai cette chanson en tête ; étrange hasard, j’ai entendu parler du film ce midi, sur Allociné TV, et de sa bande-son, puis, plus tard dans la journée, j’ai entendu cette même chanson… bref, apparemment ça colle à mon humeur.

 

Bonne soirée à vous et n’oubliez pas de vous dire, ces journées-là, que demain est un autre jour.

10 avril 2011

Pêle-mêle

Parce que j’ai plein de petites choses dont j’ai envie de vous faire part je publie aujourd’hui un billet « pêle-mêle »… oui ça ressemble aux liens du samedi de Marion ou au blablatage de Céline mais non cela reste exceptionnel et tombe aujourd’hui parce que les informations mêmes sont très récentes!

Alors tout d’abord un grand, très grand cinéaste est mort : Sidney Lumet! Un réalisateur humaniste montrant, souvent et avec talent, le destin d’un homme contre l’injustice.

Que j’ai aimé ses films révélant le talent d’un jeune Al Pacino à la grande époque (« Serpico » et « Un après-midi de chien »), « Network » et sa critique bien en avance sur son temps de la course à l’audimat et le monde sans âme des chaînes télévisées  ainsi que son dernier film « 7h58 ce samedi-là », d’une ironie de situation terrible! J’ai donc très envie d’en revoir certains et d’en découvrir d’autres, un cinéma américain comme je l’aime, surtout dans sa période 70s, un cinéma dénonciateur et critique! Bref, envie d’un hommage personnel à ce réalisateur…

serpico

Sinon, en fin de semaine, j’ai encore succombé à deux challenges qui avaient vraiment tout pour me séduire!

Le challenge de Maggie et Lou tombe à point nommé car entre ma Correspondance et mes lectures et visionnages du moment je baigne littéralement et joyeusement dans les époques de costumes… Vu mes affinités naturelles j’ai bien sûr opté pour la « Tea cup special offer » qui consiste à regarder et chroniquer au moins dix séries ou films à costumes britanniques (les fameux « period dramas »).

back to the pasttea cup

Et puis le challenge de Will qui, forcément pour une cinéphile doublée d’une blibliophile, était l’évidence même. Il s’agit de lire, pour l’option que j’ai choisie « Meilleure actrice » au moins dix œuvres ayant donné lieu à une adaptation cinématographique!

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

J’ai déjà commencé à honorer ces deux challenges avec Emma! N’hésitez pas à vous y inscrire, plus d’informations en cliquant sur tous ces beaux logos.

Enfin, miss Leiloona nous propose un nouveau rendez-vous mensuel. IL s’agit de faire part de la sortie de nos coups de cœur en poche. Je trouve que c’est une bonne idée et que cela ne répète pas les propos des blogs spécialisés dans les sorties poche tels celui d’Anne. Non, là il s’agit de vous aider à épargner votre bourse tout en lisant ce qui aura été un de mes coups de cœur! En plus son logo m’a aussi plu que l’idée donc j’en suis!

sorties poche

Ainsi, le mois dernier j’aurais pu vous signaler la sortie en poche de Tom petit Tom tout petit homme Tom de Barbara Constantine, découvert et lu justement grâce à Leiloona! (la boucle est donc bouclée ^^)

tom J’écrivais alors : « L’écriture est originale, des phrases très courtes au sein de chapitres tout aussi brefs, des sonorités dont l’auteur raffole (« Tom, petit homme » mais aussi « tintinnabuler » qui revient à plusieurs reprises) et deux chapitres qui nous placent dans la tête des animaux rencontrés par Tom… je n’avais jusqu’alors jamais eu l’opportunité de connaître les rêves d’un chien ! »

Sur ce, bonne fin de dimanche ensoleillé!

31 janvier 2011

« Un jardin sur le ventre » – Fabienne Berthaud

Suzanne meurt à soixante-dix ans. Une mort brutale, un accident cérébral. Elle laisse un mari, deux filles (Gabrielle et Marie), un chien. Les chiens et ses filles surtout sont sincèrement tristes et peinés par cette perte. Son mari… et bien comme toujours il ne pense qu’à lui, ramène cette perte à ce que lui endure sans se soucier ni de la fin de vie de cette femme qui l’a accompagné pendant cinquante ans ni de la douleur de Gabrielle et Marie.

Et elle ne méritait pas cela Suzanne, pas après ses soixante-dix ans de malheurs, peines et humiliations! Bébé pas aimée et abandonnée par Bertrande elle vit une parenthèse enchantée de quelques années chez sa grand-mère, Mémère, et sa tante bien-aimées. Mais à la mort de celle-ci elle va vivre avec « la dame du samedi », c’est-à-dire Bertrande, sa génitrice, celle qui « avait juste besoin de rapports sexuels fréquents (…) aimait chevaucher les cavaliers inconnus. Les hommes sans visage ».

Ce début de vie et tout le reste nous est raconté par la voix de Gabrielle, tour à tour ancrée dans la douleur de son deuil et des réactions de son père puis narratrice omnisciente témoignant de la dure vie et des pensées de Suzanne ainsi que de celles de Tonio le petit frère à l’enfance volée et, dans une moindre mesure, celles de Franck, ce père absent, égoïste et écrasant.

Cette douloureuse histoire de vie(s) est, paradoxalement, souvent poétique comme au moment, si triste, de la mort de Suzanne :

Tu souffles un nuage couleur framboise sur ton oreiller blanc (…) Toi qui as toujours cru que la vie continue, tu seras oiseau, fleurs, vent, mer, terre. Meurs, Suzanne. Meurs. Ta petit Gabrielle te prend la main. Elle t’encourage à partir sans te faire de soucis. Tu te libères de tes chaînes. Tu reprends ta liberté. Un océan rouge dans la tête. (pp.30-31)

Et puis ce titre est l’exemple le plus frappant de la poésie de l’auteur ; cette manière de nommer la mort en invoquant la nature liée à la femme est très belle et m’a touchée. Un jardin sur le ventre. Fabienne Berthaud aime la nature autant que Suzanne qui y trouve, en balconnières, dans les montagnes savoyardes ou dans les prairies, une bouffée d’air salvateur, une occasion de goûter à la liberté.

Ce roman est aussi une histoire de femmes. Franck est le seul homme d’un cercle féminin (hormis Tonio, absent depuis petit). La grand-mère et la tante, Bertrande, Suzanne et ses deux filles… Un récit de transmission et de répétition, malheureusement. Marie a quitté la maison et a changé souvent d’homme car « elle ne voulait surtout pas que sa vie ressemble à la tienne ». Or Suzanne justement n’a voulu connaître qu’un seul homme en réaction au comportement de sa mère à elle!  Alors celle-ci a peut-être changé si souvent d’homme pour les mêmes raisons que Marie, en raison de la vie de Mémère! Dans ce cas quelle transmission dramatique car chacune voulant échapper aux comportements de sa mère les transmet à sa fille! (vous m’avez suivie?)

Enfin, la vie de Suzanne semble avoir été décidée dès le rejet par sa mère, in utero. Certains pensent que l’on attire à soi les situations que l’on vit… Le message « tu n’es pas désirée, tu ne vaux rien » émis par sa mère semble l’avoir poursuivie. Enfant dévalorisée qui se déprécie à l’adolescence (en pension) puis qui s’accroche à un mari pour ne pas faire comme sa mère et surtout pour essayer de lutter contre ce « tu n’es pas désirée ».

Telle une femme battue (qu’elle est… enfin plutôt brutalisée et humiliée… mais est-ce si différent?) elle a connu un début d’histoire d’amour très beau mais a vite déchanté.

Cette violence. Elle t’était familière. Cette brutalité incontrôlée. Ce vent de folie qui se déclenchait pour rien. Tu connaissais. Bien sûr que tu connaissais. Tu avec grandi avec.  (p.211)

Sa seule joie, ses deux filles… si elles n’avaient pas été là, une vie comme un terrible gâchis!

Ce livre qu’on ne peut facilement redéposer une fois commencé m’a remuée et touchée. Une existence si continuellement triste, violente, sans amour ne peut que marquer le lecteur, tout comme le désespoir immense de Gabrielle.

Merci à et aux éditions Hugo et Cie de m’avoir permis de découvrir cet auteur sensible dont la poésie et la violence des phrases, souvent courtes, m’ont touchées. Je dois dire que l’écriture de cette jeune femme m’a fait penser, parfois, à Barbara Constantine… comme un pendant moins joyeux et optimiste (mais tout aussi talentueux) de l’auteur de Tom petit homme tout petit homme Tom. J’ai maintenant très envie de découvrir les autres romans de Fabienne Berthaud!

17 novembre 2010

« Tom petit Tom tout petit homme Tom » – Barbara Constantine

Voici un roman dont déjà le titre m’avait attiré. Et puis il y eut la lecture du billet de Leiloona qui, en plus, proposait généreusement de le faire voyager. Je n’ai pu résister !

Je dois le dire tout de suite, ce roman a été un très grand coup de cœur ! Lu en un week-end je ne pouvais résister à l’envie de déguster successivement ses courts chapitres.

Barbara Constantine, apparemment amoureuse des homophonies, nous emmène au cœur d’une réalité triste, dure et pourtant, en même temps, tellement belle, douce, tendre et poétique pour un ensemble qui ne pouvait que me toucher, profondément.

Le petit Tom du titre est un petit homme incroyable, du haut de ses onze ans. Fils débrouillard (il le faut quand on vit dans un mobil-home délabré et qu’on doit trouver de la nourriture dans les jardins alentours) d’une jeune femme de vingt-quatre ans, il est sensible, honnête, courageux, plein d’attentions. Mais ce n’est pas le seul. Sa mère, sous des dehors au début durs, est attachante et terriblement courageuse ! Et puis il y a les autres personnages, ce couple franco-anglais, adorable avec le petit Tom, leurs attentions m’ayant encore une fois bien émues et Madeleine, une vieille dame à laquelle s’attache Tom et dont l’histoire est si terrible…

Madeleine ne pleure plus du tout. Elle pense. Qu’elle dira tout à l’heure aux pompiers qu’elle est bien tranquille maintenant. Depuis qu’elle a trouvé un gentil arrière-petit-gars. Qui va venir s’occuper de ses bêtes quand elle ne sera plus là. Seulement, il a un drôle de nom. Et elle ne se le rappelle déjà plus. Un nom étranger, peut-être… Ca commence par… Ah ben voilà. Elle a oublié. Un gentil p’tit homme, quoi. (p.56)

L’écriture est originale, des phrases très courtes au sein de chapitres tout aussi brefs, des sonorités dont l’auteur raffole (« Tom, petit homme » mais aussi « tintinnabuler » qui revient à plusieurs reprises) et deux chapitres qui nous placent dans la tête des animaux rencontrés par Tom… je n’avais jusqu’alors jamais eu l’opportunité de connaître les rêves d’un chien !

Et puis, ce n’est qu’un détail mais il m’a plu, nous croisons avec Tom une petite Mélie, en vacances chez sa grand-mère. Or Barbara Constantine a écrit un roman intitulé À Mélie sans mélo… j’ai vérifié l’histoire de ce roman que je n’ai pas encore lu (mais que j’ai hâte de découvrir) et il s’agit bien là aussi d’une petite Mélie séjournant chez sa mamie. J’adore ces petits détails, ces croisements, aussi infimes soient-ils, entre plusieurs histoires d’un même auteur.

Encore merci à Leiloona de m’avoir prêté ce merveilleux roman que j’étais triste de finir.

coup de coeur