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6 décembre 2010

« L’Obsesseur » précédé de « Histoires comme ça » – Paul Verlaine

verlaine Un ensemble d’histoires courtes écrites par Verlaine réunies dans ce petit livre. On y trouve des contes, comme La Main du Major Müller, histoire fantastique qui ne m’a pas déplue. Il y a aussi des récits aussi brefs qu’agréables (Histoire d’un regard) et des histoires réalistes narrées comme un fait divers tel Conte de Fées. Le livre se termine sur L’Obsesseur, un récit très court, six pages, mais d’une ironie et d’une cruauté terribles :

Je sus, par qui déjà? que lui-même, l’Obsesseur, monstre sans le savoir, inconscient assassin… (p.88)

Malgré l’intérêt de certaines de ces histoires je dois dire que j’ai été déçue, gênée que j’étais par le ton parfois froid de Verlaine et, surtout, par son écriture que je ne saurais qualifier. Une écriture étrange, déroutante, des phrases longues, difficiles à lire… ou bien étais-je trop fatiguée quand j’ai lu ce livre?

…il souffrait vers le cœur : comme des amertumes se passaient par là; des malaises âpres, s’il eût cru, de mordillants et grignotants désordres, l’incommodaient jusqu’à l’agacement. (p.14)

À quinze ans, ses parents la marièrent contre un colonel de vingt ans qui n’abandonna pas un instant la moindre de ses maîtresses en l’honneur de l’épousée, quelque séduisante que fût celle-ci, encore qu’elle se montrât fidèle, mais sans guère tarder à venger son amour-propre plutôt que son amour proprement dit jusqu’à pouvoir lui en revendre, [des infidélités]! (p.41)

J’adore ces vaillantes de la Joie à qui ta Société n’a rien à reprocher, elle qui ne fait que pressurer, emprisonner, enrôler, marier pour divorcer, saisir, guillotiner, et tout! — que de vendre du plaisir, et de quel plaisir! de celui qu’ont chanté tous les poètes, qui sur terre est, avec la vertu, l’unique bonheur, pour quoi périt Troie et à quoi nos arrière-petits-fils devront de vivre. (p.50)

En tout cas j’ai « souffert » pour avancer certains récits alors que j’avais justement choisi ce petit résident de ma PAL pour m’octroyer une lecture de deux-trois jours, rapide et récréative. Bref, je crois qu’en ce qui concerne Verlaine je m’en tiendrai à ses poèmes!

5 novembre 2010

« Le Secret de la Ferme-Grise » – Mary Elizabeth Braddon

 

Ce court roman, qui a fait le tour de bien des blogs, m'intriguait vu tout ce que j'en avais lu. J'étais donc très enthousiaste à l'idée de le découvrir... peut-être trop!

En effet j'ai lu à maintes reprise que Mary Elizabeth Braddon est « la grande prêtresse du roman policier victorien» ou d'autres appréciations similaires. Cette histoire d'un jeune gentleman farmer qui meurt d'un mal mystérieux, dans une ferme sombre, humide, sinistre et de son frère qui le pleure et reprend la ferme tout en étant trop fidèlement secondé par Ralph l'intendant est mystérieuse. L'auteur crée avec talent une ambiance lourde, oppressante, mystérieuse. Dès le deuxième chapitre elle distille ça et là des éléments inquiétants et une mise en garde. Et puis elle sème le trouble dans l'esprit du lecteur, l'angoisse monte!

En marchant dans la clarté pétillante du feu, elle projetait une ombre sur le parquet ou sur les murs, et tout irrégulière et hideuse que parût cette ombre, elle paraissait encore plus sombre lorsqu’elle passait devant le maître de la Ferme-Grise

Plusieurs fois je me suis demandée où l’auteur voulait nous emmener. Enfin j'ai admiré son sens de la mise en scène qui fait penser à un film, notamment pour une scène que l'on aperçoit de l'extérieur avant de pénétrer, par la fenêtre, dans une petite chambre.

Mais voilà, arrivée à l'avant-dernier chapitre je me suis dit « Tout ça pour ça! ». Il me semble que dans ce roman Miss Braddon fait beaucoup de bruit pour rien... de plus l'exposition de la vérité m'a semblé bien trop artificielle! J'en ai été vraiment très déçue!

Un point néanmoins qui m'a semblé intéressant est que peu à peu j’ai perçu Ralph comme la part sombre, la matérialisation physique du mal qui est en Dudley! Cela ne serait bien sûr qu'une symbolique psychologique car irréaliste pour toutes les fois où d'autres personnages voient ces deux individus en même temps mais je trouve que vu par ce prisme bien des choses prennent du sens, de l’épaisseur et la fin serait comme la victoire d'une des personnalités sur l'autre, totalement anéantie.

Une déception littéraire qui a pourtant bien des qualités... je pense qu'il va me falloir lire un autre roman de Braddon pour parfaire mon impression!

Pour d'autres billets, bien plus enthousiastes, cela se passe entre autres chez George, Syl., Maggie, Cécile ou Niki. 

challenge braddon - lou EnglishClassics